#274
C'est parti pour une apnée de 48h. J'ai un handicap, le corps a fait exprès pour rendre la tâche plus ardue, une crève. Pas trop grave, qui se dissipe peu à peu. Mais bon, une crève quand même. Fièvre et froid dans les os. Ca dissout la montée d'adrénaline, c'est dommage. Je crois que j'aime ça, de toute façon c'est la seule explication rationnelle. Je suis systématiquement en charrette, parce que j'aime ça. Assume-le cocotte point final. Là, je suis au bord de la catastrophe. Des tonnes de notes absolument partout, un problème de structure qui vient juste d'être élucidé, une cinquantaine de pages à écrire, à écrire pas à rédiger. C'est officiellement la panique, le plan d'urgence est lancé dans la Maison du Bonheur, le mot bouclage clignote au-dessus de mon bureau. Je suis passée par tous les états, l'abattement, la paralysie la plus complète, la crise de nerfs, la crise de larmes, et puis ensuite un apaisement. Genre mais comme c'est étrange, j'ai déjà vécu ça il n'y a pas si longtemps et ce coup ci c'est encore pire. Seul un deus ex machina pourrait me sortir de là au secours esquimau. Seul un deus ex machina, seulement il ne pourra venir de l'extérieur. La solution consiste donc à provoquer la phase maniaque et à la maintenir. Depuis le temps, j'ai quelques astuces. Le but est de canaliser le flux sur le chantier à terminer. Jusqu'à présent, ça a toujours fonctionné. Et je trouve ça extrêmement agréable, en plus. Pouvoir se taper sa phase maniaque à donf, sans emmerder toute la région, tout en finissant un objet. De l'optimisation d'être bipolaire.
J'ai enfin compris pourquoi je ne pouvais pas défendre l'autofiction telle qu'on l'entend : je n'entends pas le mot pareil. Problème d'écoute, oreille interne. Dans autofiction j'entends la notion de langue à 70%, parce que je suis la définition de Doubrovsky, pas celle du Petit Robert. Dans la série titre à la Massera, on pourrait lire ici : la meuf qui se rend compte que l'autofiction dedans y a plein de livres qui ont un problème de contenu. Mais heureusement, l'axe est ma propre perception de l'autofiction, La Maléfiction, le titre. Donc bon, ça ne change pas grand chose. Si ce n'est qu'il faut de fait radicaliser l'aspect littéraire. Mettre concrètement de la maléfiction dans l'essai. Ecrire, pas rédiger. Donc deux jours de off complets à venir. Et effectivement oui, être en absolue autiste sur word, c'est définitivement ce que je préfère. Même si je serai très contente de revoir tout le monde chez Mycroft le 21. Après c'est rebelote pour dix jours. Je dois rendre le manuscrit définitif à la fin du mois.