#273

Relu Paradoxia de Lydia Lunch pour la soirée No wave du 21 octobre chez Mycroft. J'en aime infiniment l'exergue : "Aucun nom n'a été changé afin de protéger les innocents. Ce sont tous des putains de coupables".

Travaillé à l'essai sur l'autofiction de nombreuses heures, j'ai dépassé la panique liée à la dead line qui se rapproche, ça va être chaud mais jouable. Je ne travaille pas l'essai comme je travaille mes romans, maintenant j'en suis certaine, je constate. Tous les chapitres sont entammés, plan détaillé interne, je suis obligée de savoir parfaitement où je vais, pas de place pour l'impro lyrique, pas le lieu. J'aurais acquis pas mal de trucs niveau méthodologie en route, même si c'est un essai totalement littéraire, pas universitaire du tout.

Trouvé une citation de Philip Roth : "Le vrai écrivain n'est pas celui qui raconte des histoires, mais qui se raconte dans l'histoire. La sienne, et celle, plus vaste, du monde dans lequel il vit". Je vais l'utiliser dans l'essai.

Un dernier extrait de We are l'Europe de Jean-Charles Massera, après j'arrête, sinon je vais recopier tout le bouquin.

"La nana qui trouve que des fois t'es quand même barré dans des trucs pas très intéressants

- Des fois t'es quand même barré dans des trucs pas très intéressants non ?

- St-à-dire ?

- Bah j'sais pas quand tu sors tes ptites vis, tes forets, quand tu vas achter une boîte spéciale pour ranger toutes les chevilles que t'as ramnées la smaine dernière…

- Tu veux dire quand j'bricole… ?

- Par exemple…

- Mais tu voulais qu'on mette une étagère.

- OK, mais t'as pas fait QUE l'étagère ! Je sais pas, c'est un état d'esprit aussi.

- Donc toi tu trouves qu'y avait pas besoin d'repeindre la cuisine…

- Ben st-à-dire que ça devient un peu obsessionnel quoi.

- Donc tu trouves pas kc'est mieux, kl'appart est plus agréable. Non, pour toi c'est « j'suis obsessionnel » point.

- Écoute avoue kt'es quand même barré dans des trips pas très intéressants. Et puis on a un peu l'impression qu'y a plus ksa non ?

- Comment ça ?

- J'sais pas tu lis plus, tu…

- On fait plus souvent l'amour…

- Non ça ça fait longtemps que… Enfin j'veux dire on a pas attendu ktu prennes un abon'ment chez Casto pour s'apercevoir que tu m'désirais plus !

- Non t'es chiée d'dire ça !

- Bah écoute, excuse-moi, mais ça fait combien d'temps ktu m'as pas pénétrée ?

- Décidément là aujourd'hui c'est la totale ! Attends là, qu'est-squi spasse ? C'est quoi l'problème ?

- J'sais pas c'est un état général, t'es…

- Tu m'méprises en fait.

- Mais non.

- Bah attends « tes ptites vis », la boîte que j'ai achtée pour les chevilles…

- Naaannn mais c'est une façon d'parler…

- Oui mais y a visiblement quelque chose qui va pas. Quelque chose que tu m'reproches, et qui apparemment date pas d'aujourd'hui.

- Tu t'intéresses plus à grand-chose. Ça tu peux pas m'dire le contraire : tu lis pas d'journaux, aller au cinéma ça t'gonfle… Tu t'enfermes dans des petites choses quand même non ? On peut pas dire que tu t'ouvres sur le monde.

- Tu dis ça à cause de la perceuse ?

- Non mais ça OK elle était pas chère, ça évitait d'faire chier ton frère avec ça, c'est pas ça. Non mais laisse tomber."