#268

"Mais pourquoi tu prends des taxis, à Rome tout se fait à pied" qu'il a dit. Je précise, qu'on comprenne, qu'à Paris j'ai du mal à prendre le métro et très souvent, le bus. Ça s'appelle une phobie et ce n'est pas très pratique. Aujourd'hui je ne voulais strictement pas me promener. Juste acheter des clopes et de quoi tenir plusieurs jours au creux de mon bunker. Je suis à fond sur mon essai, et pas envie de socialiser, encore moins de flâner, non, vraiment pas le moment. J'étais assez chargée, pas comme une bête de somme, mais un petit peu quand même. Et puis je me suis dis : tiens, je vais couper par là, les ruelles c'est plus sympa, de toute façon c'est à gauche, vers la gauche, la Villa. J'ai tourné, puis tourné. Longtemps. Faut avoir du bon sens à défaut de celui de l'orientation. Le bons sens implique qu'au bout d'une heure et demi à errer dans les rues avec des sacs plastiques, on demande son chemin. Mais pas envie de parler, non, vraiment, impossible. Je suis passée six fois devant les mêmes monuments, les mêmes places, et les mêmes boutiques. J'ai fini par changer de quartier, traversé d'autres avenues, je me disais plutôt que de tourner en rond, avance, il va bien se passer un truc. Le truc qui s'est passé c'est qu'au bout de quatre heures j'ai pété une durite, retiré de l'argent et chopé un taxi. En rentrant j'ai dormi, puis me suis remise au travail.

J'ai trouvé le ton et le rythme de l'essai. Des chapitres courts, cinq à dix pages. J'ai beaucoup potassé, compris pas mal de choses, ai envie d'en parler. Mon positionnement propre, la collection aux PUF s'appele Travaux Pratiques, on ne me demande pas un cours ou un manuel, un objet universitaire, ni L'autofiction pour les nuls. Depuis que j'ai intégré ça, j'écris avec plaisir. Je dissèque, j'analyse, je digresse et raconte. C'est un exercice différent, qui évolue par strates. Néanmoins je manque un peu d'organisation. Mon plan est encore flou, mais je sais où je veux en venir, et comment. Le livre doit être rendu en octobre, je pense que je serai dans les temps, à présent je me rends compte que je peux avancer vite. C'est le travail préparatoire qui s'est un peu éternisé.

Bonne nouvelle aujourd'hui. Un devenir papier pour le diptyque commandé par France Culture. Le retour de Charlie Orphan et Au commencement était l'adverbe seront publiées à terme, c'est à dire après leur diffusion, aux Editions Joca Seria, sous le titre Deux aventures de Clotilde Mélisse. C'est François Alary qui fera les illustrations, comme pour Eden matin midi et soir.