#263
Ça fait une semaine que j'y suis. Je loge dans la Villa elle-même, je sors un peu mais pas tellement. J'étais assez perdue la première semaine, le temps que les repères se mettent en place et que je rencontre les pensionnaires. Il fait extrêmement chaud à Rome, l'après-midi c'est impossible de travailler. Je ne trouvais pas mon rythme, j'ai bien bossé le premier soir et puis ensuite plus rien, une sorte de vide interne sidérant. J'ai cru que j'avais perdu toute capacité à penser et même à écrire, j'errais dans les jardins le soir en me plaignant aux perruches, un truc bien clichetonneux dans la série l'angoisse de la page blanche. Il parait que c'est normal ici. C'est tellement beau que c'est écrasant.
J'ai dormi, énormément. Et puis c'est revenu depuis hier soir. La fameuse seconde fiction pour France Culture, c'est parti, ça avance. Presque un tiers. J'ai bien travaillé cette nuit, je voudrais bien me coucher mais j'ai un problème de lézard. Il est à l'étage, sur le mur de la mezzanine, juste en face de mon lit. Il est blanc, ce que je trouve hautement suspect, si ça se trouve c'est pas un lézard mais une espèce italienne épouvantablement venimeuse. Je suis très ennuyée. Le mur est vraiment haut, je ne peux pas le déloger. Et quand bien même, je flippe bien trop pour lui faire la chasse. J'ai hésité à appeler Igor, mais il est trois heures du matin, et il ne désintégrera pas ce foutu squamate par télépathie.
Sinon, j'écoute les compositions d'un des pensionnaires, Saed Haddad. Je serai malheureusement partie quand ses pièces seront jouées à la Villa. Il me reste trois semaines. Je suis sur une nouvelle piste, un autre projet à présenter l'an prochain. D'ici là, de toute façon, il se passera plein de trucs, alors je ne bloque pas.