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Ai répondu au mail de Jean-Charles Massera pour TINA. Ca n'a pas été simple. En fait, ça remettait juste en cause la totalité de ma démarche, ce qu'il y disait. Alors évidemment ça m'a un peu secouée. Surtout qu'ayant avancée sur l'oratorio, et établie mon programme définitif de l'année à venir, je compte pratiquer à nouveau le roman, parce que ça veut dire des trucs, ce genre, cette forme, enfin je trouve.
Je me suis enfin organisée. D'ici juillet je finis les fictions pour France Culture, j'avance sur mon essai. En août je pars à Rome un mois. J'y finis mon essai, je prends des notes pour mon projet Domus Vobiscum, un projet lié à la Villa Médicis.En octobre je présente une performance texte / son à Actoral, avec Sophie Couronne. En novembre une performance texte / vidéo avec Camille Ducellier, au Mac Val. Si possible, en décembre, je fais une résidence d'atelier de pièces sonores au Mac Val, jusqu'en juin. Et pendant ce temps-là. Un chantier à contraintes. Thématiques et formelles. Roman autofictif doublé de. J'avais envie d'un roman de genre, comme un policier. Ca je vais le faire, mais plus tard, peut-être beaucoup plus tard, mais un jour certainement.
Igor m'a dit : tu as traité de la mort, confronte-toi à l'amour. J'ai répondu c'est vachement dur pour moi, je trouve ça indécent tellement ça dégouline, les romans d'amour. Il m'a dit : c'est le challenge. J'ai pensé ne surtout pas l'écouter, ne pas valider, parce que sinon ça va devenir réel, et j'ai vraiment pas envie de ça, écrire un roman d'amour. C'est toujours tout pourri, les romans d'amour. Sauf. Liste. Classiques, Duras, Vian et heu. Se dire et merde, oui c'est un genre, une forme, le roman d'amour. Comme le requiem, l'oratorio, l'essai. Je pourrais tenter le coup. Mais est-ce que ça le vaut, un roman d'amour pour quoi faire, franchement, ça sert à quoi? Aujourd'hui, un roman d'amour. C'est pas franchement l'urgence. A moins que. L'urgence ne soit que de faire de la littérature.
Discusion immédiate avec Le Maître. Dans le haut du Château, la tourelle est en marbre, il faut prendre l'ascenseur. "Un roman d'amour? Excellente idée, je suis d'accord avec votre mari". Le roman d'amour, le traiter, traiter ce genre, prochaine mission. Une piste.
J'ai pas le titre définitif, mais là, j'ai tout le début de ma première partie. Cet après-midi, je peaufine le synopsis. J'ai réécrit beaucoup de paragraphes dans les 18 pages, cette nuit. Je dois terminer les contours du projet. Puis, longtemps, je laisserai reposer.
Demain, faire le texte contre La Nouvelle Héloïse pour Le Nouvel Obs, reprendre l'essai. A partir de lundi, appliquer le programme. J'ai du temps, beaucoup de temps, pour faire l'oratorio. J'ai mes trois chanteuses, Aurélie doit composer la musique, moi écrire le texte. Le projet est en place, on a même les studios d'enregistrement. Bon, il manque le financement de la partie musicale, il va falloir monter des dossiers, mais ça, ça fait partie du jeu. Ca va être chiant et long, mais rien de grave. La réalisation de l'objet promet d'être une chouette expérience. En fait il n'y a que ça qui compte.