#242
Avant tout, présenter des excuses : je ne réponds pas aux mails, ce n'est pas très poli. Mais dans les dix jours à venir, je ne pourrais jamais m'en sortir si je communique en parallèle du travail à effectuer. Les après-midi sont entrecoupées quasi quotidiennement par les remugles de la promo. Radios suisses, allemandes, parfois françaises, aussi. Ca brise mon rythme, je dois faire vite, rester le plus possible concentrée. Les entretiens sont agréables, mais ça tombe mal, je dois l'avouer. Je pars vendredi matin pour le Festival littéraire de Deauville, plus qu'une semaine pour rendre deux longs textes liés à l'art contemporain, pour un catalogue et une revue.
Je n'ai pas peur, je vais m'en sortir. Le souci c'est la gestion du quotidien qui grignote sur le temps d'écriture. Cavaler après l'argent, renvoyer des papiers, rappeler les organismes qui ont passés commande, reçus le texte, parfois même publiés depuis les calendes le texte, mais qui ne se manifestent pas pour payer. C'est épouvantablement chiant. Dans ces cas là je rêve d'être une écrivaine qui vend à mort, histoire d'avoir les moyens d'engager un assistant qui remplirait les contrats à ma place, téléphonerait en gueulant, bref s'occuperait de tout le Kafkaland. Là je n'ai pu faire qu'un paragraphe pour le catalogue de Laurent Tixador et Abraham Poincheval, rédaction de présentation de mes interventions à venir, mails et coups de téléphone pour récupérer mes sous. Je dois partir à cinq heures pour une interview, il est trois heures et quart, je crois que j'en ai ras le bol. D'autant que j'ai pas encore fini de préparer les envois postaux.
Quand j'étais jeune et naïve, pas encore professionnalisée, au sens où je ne vivais pas que de l'écriture, je pensais que la vie d'écrivain consistait, comme son nom l'indique, à écrire. Pas à remplir des tableaux xls, ni à chouiner sur les comptables un quart de son temps. Enfin bref.