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Le chantier essai avance doucement, je communique avec mes joueurs. Certains ne sont pas disponibles dans l'immédiat, ça ralentit un peu le processus, mais à terme ça va le faire. L'enjeu du Je n'est pas qu'esthétique, il est surtout politique, aujourd'hui. J'attends beaucoup de ma rencontre avec Bernard Stiegler en mars. Habituellement, je suis obligée de faire parler les morts en cuttant leurs citations, là j'ai la chance d'avoir un penseur vivant à portée, je veux en profiter.
J'ai par ailleurs trouvé une solution pour mon serpent de mer de ces derniers mois. Une commande pour le Dictionnaire des personnages dirigé par Stéfanie Delestré et Hagar Desanti, au Seuil. Je devais faire l'article sur Rémi d'Hector Malot. Je ne m'en sortait pas du tout, je ne sais pas si vous vous souvenez de Sans famille, mais c'est insupportable. J'ai tellement de lectures en retard pour TINA que me taper du dégoulinant, c'était vraiment, mais alors vraiment pas possible. En plus il y a un cahier des charges rigoureux, avec la date de naissance du personnage et tout, je ne pouvais pas répondre. J'ai téléphoné à Stéfanie pour lui expliquer que j'abandonnais. Elle m'a proposée une option de secours qui me plait bien, je vais traiter de Peter Pan. Peter Pan, y a plein de choses à dire, et en plus j'ai bossé dessus il y a longtemps, pour une revue.
Il me reste deux, ou peut-être trois séances au Mac Val. Nous sommes à la phase de montage des pièces sonores. Ce qui m'intéresse, c'est le cheminement de pensée de mes élèves, leur démarche, ce qu'ils ont retenu des interventions de Félix Jousserand et de Jérôme Game, pas le résultat. J'essaie de faire en sorte que ce dernier soit néanmoins le moins maladroit possible pour l'auditeur. Alors je les fais jouer sur le relief, les panoramiques, les doubles pistes. C'est long, très long, le montage. Fatigant, aussi. J'avoue que je préférais les nourrir que de les aider à accoucher. Là, je suis plus une technicienne, c'est moins excitant. Ils apprennent néanmoins des choses, se heurtent à des difficultés concrètes, comprennent que c'est très difficile de transférer sur mp3 ce qu'on a dans le crâne. J'y retourne demain. Les horaires sont tardifs, je finis vers 21h, je suis chez moi plus d'une heure après, complètement vidée. Mais ça vaut le coup.
La semaine prochaine je serai plus tranquille, je pourrai écrire quand je veux. La promo en soi est finie, il me reste des photos et une émission de radio aujourd'hui, après c'est les signatures en librairies et le temps des salons. C'était compliqué à gérer cette année. Plus d'exposition, donc la trouille permanente de dire des conneries, de ne pas utiliser le temps de parole pour dire, juste pour raconter. Je crois que ça a été. Je suis très contente du dossier dans Le Matricule des Anges, surtout. J'ai pu dire, expliquer. Et puis c'est le numéro 100, double entrée, un numéro important dans l'histoire du Matricule.
Sinon, trouvé ce texte sur le site de Troudair.