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"Un plaidoyer. C'est ça qu'il faut. Un discours prononcé à l'audience pour défendre le droit d'une partie. C'est vieilli, prévient le Petit Robert. Ca m'est égal, je lui réponds. La seule chose qui me gêne, c'est l'audience, je n'en ai généralement que très peu. Il va falloir faire un effort, prendre la parole dans le Château. Est-ce qu'ils m'écouteront pour autant, je ne suis même pas sûre qu'ils m'entendent, dans les douves il est rare que soit bonne l'acoustique. Le Petit Robert trépigne, aussi je le laisse poursuivre. Défense passionnée (d'une ou plusieurs personnes, d'une idée) dans une grave affaire publique. Est-ce qu'il y a affaire, est-ce qu'elle est vraiment grave, et est-ce qu'elle est publique. Soudain, je me demande. C'est peut-être abusif d'employer plaidoyer, il faudrait autre chose, quelque chose qui pourrait paraître moins outrancier, après tout il ne s'agit que de l'autofiction. En écrivant « que de » mes organes se révoltent. Alors je n'hésite plus, et je valide mon titre. Le Petit Robert sourit, et puis il me chuchote : le mot suivant est plaie.

Je ne crois pas au hasard, le Petit Robert le sait. L'autofiction une plaie pour tous ses détracteurs. Un fléau irradié nombrilisme purulent, tourment hexagonal, une lésion littéraire. Ouverture dans les chairs, dans les tissus, due à une cause externe (traumatisme, intervention chirurgicale) et présentant une solution de continuité des téguments, parfois une perte de substance. Or c'est de cette substance que se nourrit l'écriture dite autofictionnelle. Là-dessus, personne ne ment. Tout du moins il me semble. Je ne suis plus sûre de rien depuis qu'il est question que j'écrive cet essai."

Potentielle introduction à Plaidoyer pour l'autofiction.