#172

Retour définitif de l'être bloggé. Reprise des activités² x plein de boulot. Il y a TINA, le numéro 2 à préparer, des posts de veille à faire, aussi. Il faudrait finir le texte pour L'une & l'autre, Narcisse et ses aiguilles, mon histoire d'escarpins. J'en suis à la moitié. J'ai écrit en vacances, mais pas assez. Pas pris du retard, mais je dois remettre la pression immédiatement sinon ça peut devenir problématique.

Il me reste à écrire le texte pour les Cahiers de l'Institut. Je vais faire parler le nénuphar qui a mangé les poumons de Chloé. Ce serait bien que ça ait un rapport à Vian, à la 'pataphysique, que je trouve des détournements mais que ça reste poétique. Je vais me mettre en apnée quelques jours et ça devrait être faisable. Enfin, j'espère. Je dois le rendre en septembre, mais je ne sais pas exactement quand, si ça se trouve c'est pour dans trois jours simley de panique soudaine.

J'ai travaillé le son, à la campagne. Ebauché la chanson de Mérdith, une des mortes de Dans ma maison sous terre. Je vais la faire écouter à Aurélie, j'attends de savoir si elle valide ce fond de tarte pour la tourte ou si ma mixture est pourrave. Auquel cas je me serais quand même bien amusée sur le piano.

Je vois Hauke tout à l'heure, le metteur en scène d'Eden matin midi et soir. La phase de travail autour du texte commence. Nous entrons en labo le 15 septembre, en fonction de ce qu'il se passera sur le plateau, le texte va évoluer. Il paraîtra aux éditions Joca Seria en mars, en même temps que la pièce sera jouée. Je suis super contente de faire un objet avec Bernard et Brigitte Martin, en parallèle des éditions c'est eux qui font Ecrivains en bord de mer, mon festival littéraire favori. Je n'ai plus peur qu'Anne dise le texte, l'incarne. Je suis même heureuse qu'elle le fasse, maintenant. Elle sera un Adèle magnifique.

Je viens d'être contactée pour écrire une forme d'essai chez Travaux Pratiques, la nouvelle collection du PUF. Ce serait quelque chose sur l'autofiction. Jusqu'ici je n'ai écrit que des formes fictionnalisées. Je redoute toujours l'exercice, mais je pense qu'il est temps que je m'y colle. Je fais un parallèle avec l'université, j'ai arrêté sans finir ma maîtrise, et ma maîtrise sur Vian s'est transformée quelques années plus tard en Les juins ont tous la même peau. Si j'avais continué la fac, si j'avais eu les capacités mentales et intellectuelles d'aller jusqu'à la thèse, je l'aurais faite sur l'autofiction. Là, j'ai la possibilité de faire une sorte de thèse sur l'autofiction, parfaitement à ma sauce, alors il faut y aller, ce serait quand même idiot de passer à côté d'une potentielle restauration. Parce que ce que ça peut m'inférioriser dans le ciboulot, le fait de n'avoir qu'une licence, des fois, c'est dingue. Alors je me dis qu'avoir un texte au PUF, ça équivaut peut-être à une thèse. Spéciale. Pour les filles incapables de finir l'année scolaire sans passer par l'HP. Et puis, enfin surtout, il est temps que je défende frontalement l'autofiction, après tout je suis praticienne donc quand même pas si mal placée que ça pour en parler. Un texte qui exposerait les enjeux politiques du genre, qui pourrait mettre en exergue en quoi c'est un geste politique. Politique de l'autofiction, donc. C'est Laurent de Sutter qui a trouvé le titre, il me plaît bien. Je ne sais pas si on va le garder, mais ça fait drôlement sérieux. Epouvantablement, même. En même temps je vais apprendre pleins de trucs pour le faire, ce bouquin. Va falloir cogiter sévère. J'ai assez peur, mais à trente-cinq ans faut aussi se forcer un peu, sinon on ne prend jamais de risque en faisant exprès.

Suis en train de lire le magnifique journal de prison de Grisédis Réal, Suis-je encore vivante?, chez Verticales. Préfacé par Yves Pagès, il sortira en octobre :

« Ces lignes seront-elles lues un jour ? Je ne sais.
Je suis en prison. Déjà six semaines. Le plus atroce fut le premier jour et la première nuit. Là j'ai atteint le point culminant du désespoir. Puis ce fut facile. Nous étions trois. Le temps flottait, entrecoupé de jeux, de rires, d'anecdotes.
Maintenant je suis seule de nouveau. Le désespoir s'est redurci, il forme bloc avec la cellule, j'étouffe à l'intérieur comme un poisson pris dans la glace. La cellule n'est pas grande, mais elle est très haute. Elle est pourvue d'un affreux éclairage au néon, trop pâle. On l'allume tôt dans la soirée, par un commutateur placé dans le corridor. Le corridor jalonné de cellules est immense. A tout moment retentissent des pas et des bruits de clés. On contrôle les fermetures, mais nous, les prisonnières, nous ne voyons personne. On nous épie souvent par un trou minuscule placé dans un carré de fer qu'on peut soulever sans bruit de l'extérieur. Ainsi ne se sent-on jamais tranquille, mais à la merci d'une observation continuelle. »