#170

C'est du sang, plein de sang, sur les murs. Sur mes mains aussi. Au réveil. Depuis deux jours c'est comme ça et c'est très fatigant. Pas effrayant, mais fatigant. Il faut plusieurs minutes pour se convaincre que c'est dans ma tête, pas dans le réel, dans ma tête. Malgré l'odeur, la sensation sur les doigts. Ereintant.

Rêve, cette nuit. Je veux virer Anne, la comédienne de la pièce. Je le lui dis, puis lui fracasse le crâne contre un angle quelconque. Ca dure longtemps, mais elle n'a rien. Elle me dit qu'elle doit téléphoner à sa mère, elle se retourne et m'étrangle avec le fil du téléphone. On se débat longtemps, une grande violence. Elle finit par me tuer. Mon propre sang, sur mes mains. Quelque chose comme les dix premières minutes après le réveil. Des traces brunes sur ma Lucky.

Je ne supporte pas l'idée que quelqu'un d'autre que moi dise Eden matin midi et soir. Je dois me l'avouer. J'ai écrit cette pièce pour Anne, pour qu'Anne la joue. Mais au moment où les mots vont être dans sa bouche, je panique. C'est comme si elle allait me les enlever.

Il est temps que je reparte en vacances. Jour J-2.