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C'est Eric Arlix qui en a eu l'idée. Je ne sais plus quand c'était, cet hiver sûrement. On était parti du constat qu'aucune des revues littéraires actuellement en place ne correspondait pas à ce qu'on lit et défend. Au début, je voulais qu'on appelle ça Extraction. C'est un peu poussiéreux et plus adapté pour une collection qu'une revue. Mais heureusement, Eric a pensé à There Is No Alternative, TINA, donc.
Le noyau dur s'est constitué très rapidement, je crois qu'en trois jours c'était réglé. Une semaine maximum. C'est ça que j'aime bien chez Arlix, cette ultra efficacité. Il connaissait Jean-Charles Massera depuis longtemps, avait publié le premier livre de Dominiq Jenvrey et Emily King, on aimait le boulot d'Hugues Jallon, le côté politique de son travail, aussi. Eric a pris contact avec Guy Tournaye, ça nous paraissait important qu'il participe de près. Pour que le côté critique littéraire soit assuré, on a fait appel à Jean Perrier.
TINA, c'est pas une revue de potes. J'ai déjà participé à une revue tournant autour de la notion de communauté, j'avais plus envie de ça. On n'est pas un groupe d'amis qui fait une revue pour s'occuper, se placer, exister. D'ailleurs, à part dans le numéro 1, parce qu'il fallait se positionner clairement, la majorité d'entre-nous ne publiera pas frontalement. On est là pour animer, soit chercher les thématiques, commander et dégoter les fictions, lire des bouquins, en discuter et après en rendre compte.
L'idée c'est de proposer une revue qui s'intéresse aux formes de résistance contemporaines, à la recherche littéraire, aux expérimentations. Aux maisons et aux auteurs qui ne sont pas mis en avant comme ils le méritent, aussi. Donner des pistes différentes, aider le lecteur à voir autre chose. TINA c'est un format poche aux coins arrondis, un joli petit objet, une sorte de guide++ pour 10 euros.
TINA se présente en trois parties. D'abord, la partie Fictions. On y trouve des textes inédits d'auteurs confirmés (Lutz Bassman, l'artiste Claude Closky, Patrick Bouvet pour le numéro 1 ; Maryline Desbiolles sera dans le 2) ou déjà publiés (Ian Soliane, Guy Tournaye, Karoline Georges pour le numéro 1). Il y a un extrait d'ouvrage à paraître, ce coup-ci c'est un chapitre des Mains gamines d'Emmanuelle Pagano, chapitre vraiment très beau, comme le roman.
Il y a une partie Labo aussi, où se trouvent des auteurs encore non publiés (Emilie Notéris et Nina Yargekov dans le 1). Je suis particulièrement contente que cette dernière y figure. J'étais rentrée en contact avec elle dès ses premiers posts sur son blog Cuisine Interne. Une voix tellement singulière. Son manuscrit, je l'ai suivi tout au long de ses différentes versions, et je suis très heureuse que finalement il soit publié l'hiver prochain chez POL. Une histoire éditoriale qui se finit bien, c'est rare. Mais je pense que quand vous verrez en février la teneur de ce roman génialissime, vous comprendrez pourquoi. Des comme ça, on en voit passer un tous les cinq ou dix ans. Nina Yargekov, c'est une grande de l'expé en devenir, faut la surveiller de près, c'est moi qui vous le dit. Emilie Notéris sera publiée bientôt, elle aussi. Eric Arlix la sort dans sa collection Et Hop chez IMHO. Dans la série le renouveau des filles, elle se pose un peu là. Elle a également une voix propre, déjà dégagée des Surmoi, organique et installationniste à la fois. Ce que je peux être fière du boulot fait dans la partie Fictions, c'est dingue.
La deuxième partie de TINA est la partie dossier. Dans ce numéro, le thème est La littérature occupée. Un texte littéraire de Pascale Casanova, Une Lettre à TINA de Christian Salmon, des textes de Jean-Claude Moineau, Dominiq Jenvrey, Sandy Amerio, Jean-Charles Massera, Pascal Mougin, Thomas Clerc, Eric Arlix et moi, pour ce numéro 1. Pour le 2, dont le titre sera Décryptages, on va voir ça définitivement mardi. Il va de soi que mon texte, vu le sujet, est une parodie de fiche Wikipedia de la République Bananière des Lettres.
La troisième partie est la rubrique Veille. Des courtes, ou moins courtes, notes de lectures de livres, revues et sites. Un entretien, aussi. Cette fois-ci c'est avec les Editions Tristram, pour le numéro 2 ce sera avec Lydie Salvayre.
L'Edito a été posté par Eric sur le blog de TINA il y a quelques temps, je le linke. Je pense que rien ne peut être plus clair pour présenter la ligne éditoriale et politique de la revue. Cet édito a été écrit collectivement, il est plus long que ce qui est en ligne.
Nous sortons notre numéro 1 fin août, et vous pouvez vous abonner dès maintenant.