#149
Semaine chargée. Lundi, travail sur le manuscrit. Mardi, travail avec Aurélie Sfez sur les pièces sonores liées au roman. Mercredi, réunion TINA. Jeudi, rendez-vous sur le livre avec mon éditeur le midi, puis établissement de la structure du projet théâtral. Vendredi, je compte dormir.
Débrief du déjeuner de travail. Trois heures, intenses. Texte passé au peigne fin, la moindre virgule est soupesée. Défendre le pourquoi je refuse toute présence de point d'interrogation, même archi justifié. Je hais la ponctuation hormis le point virgule. Certaines phrases soulignées parce qu'elles ne veulent rien dire. Enfin si, si on a la clef. Clef que je suis seule à avoir, je suis obligée de l'admettre. Ca sonne bien, c'est joli, mais je crois qu'à part moi, personne ne la saisit, mon obscure allusion à. Reprendre maintenant ces phrases, elles ne sont pas nombreuses mais je dois régler le problème. Avant ce soir, ça m'obnubile.
Déplacement des cinq premières pages, remaniement de fait du premier chapitre. Désormais l'incipit, c'est : Ce que je fais ici, c'est rester sur cette tombe, B5 touchée coulée. J'ai un putain de problème, à cause d'un insert d'une définition qui courre sur tout le chapitre, et qui se retrouve par bribes dans ce qui sera le début sans qu'on voit d'où ça vient, du coup. Je sais en quoi consiste mon travail de cette nuit.
Il va falloir changer le titre, aussi. Le livre est au deux tiers achevé, j'ai déplacé le sujet de départ, pas suivi, même pas cité Le livre des morts des Egyptiens, Tibétains et consorts. Ce n'est pas un livre des morts, c'est un livre sur et avec des morts. C'est une tentative de meurtre, aussi. Principalement. Par le biais de la littérature. Ce qui ne résonne pas du tout avec Le livre des morts, vaudrait mieux Le Necronomicon, mais ça va pas non plus, de jouer sur ce terrain-là, parce que ce n'est pas que ça. Il y a les promenades dans le cimetière, les voix des morts et leur musique, la musique qui s'échappe de chacun quand il meurt. Les histoires qu'on entend devant chaque tombe croisée. Mais c'est vrai que c'est quand même surtout la volonté d'assassinat le fil rouge. Ca ne va pas être facile de trouver le titre adapté. Je pense qu'il viendra à moi un soir, il s'imposera, je ne veux pas me parasiter le cerveau avec ça, sinon je mets en péril les chapitres à venir.
C'était une séance motivante, en tout cas. Agréable et valorisante, parce que mon éditeur croit au texte, c'est très clair, et ça, ça fait du bien. A bosser en huis clos, je ne sais plus ce que ça vaut, ni si ça tient la route. Je voudrais que ça soit fluide, que tout paraisse évident, qu'aucune question ne se pose face aux trames narratives. Que ce soit le fond qui interroge, que la forme, la structure, ne heurte pas mais guide. A contrario de d'autres objets, parce qu'ici le problème n'est pas la tuyauterie, il se situe ailleurs. Dans les thèmes abordés. Bref.
A part ça, je me détends grâce à extraordinaire chanteur français.