#144

C'est le livre qui me rend malade. Une maladie de la mort ventrue et familière, avide et lancinante, parfaitement dangereuse. Je m'en rends compte maintenant que le pic est passé.

Pourquoi je m'inflige ça, ça devient une question. Si je rate le bouquin j'aurais souffert pour rien, ça me fout une pression quasi supplémentaire. Le Docteur Lagarigue veut que je me mette au vert, mais il n'y a qu'en achevant le livre que je peux en finir avec ce qu'il y a dedans. Alors je retourne au travail, mais c'est pas facile tous les jours. J'en ai encore pour quatre bons mois, je pense. Après je ferai une pause avec l'autofiction.

A la rentrée de septembre, je commencerai un projet à la Ménagerie de Verre. Eden matin midi et soir. Un monologue pour un personnage. Avec Hauke Lanz comme metteur en scène et Anne Steffens comme comédienne. On va travailler en labo, par cessions, jusqu'en mars. Là on présentera le travail au festival Etrange Cargo. Ca sera autre chose, aucune plaie personnelle. Ca me fera du bien après Le livre des morts.

J'amorce une autre phase avec la transition de la seconde partie. J'aimerai aborder quelques questions sur la littérature, son pouvoir, son utilisation. C'est assez compliqué de glisser des pistes sans que ce soit lourd, alors je fais de blagues. Comme quoi, déjà, ça va beaucoup mieux.