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Ca s'appelle TINA. T.I.N.A pour There is no alternative. C'est Eric Arlix qui a eu l'idée du titre, moi j'ai proposé Extraction mais tout le monde trouvait ça pourri. Tout le monde c'est la team d'animation de la revue : Eric Arlix, donc, Jean-Charles Massera, Emilie King, Hugues Jallon et Jean Perrier. Je suis assez contente qu'on ait pas pris Extraction, TINA c'est vachement mieux.
Cette revue sera aux Editions è®e, trois numéros par an, le premier fin août 2008. Chaque numéro fera 192 pages, divisées en trois parties. Les Fictions, où l'on trouvera des inédits d'auteurs, voire d'artistes qui nous intéressent (Luzt Bassmann, Patrick Bouvet, Claude Closky, Jérôme Game, Karoline Georges, Ian Soliane, Guy Tournaye et une très chouette surprise pour le numéro 1), avec une petite partie Fictions Labo, où seront mis en avant des auteurs encore non publiés (Adeline Grais-Cernea et Nina Yargekov, toujours pour le premier numéro). La partie Dossier, qui traitera d'une thématique avec des intervenants extérieurs ("La littérature occupée" pour le numéro 1), et la partie Veille, qui tentera de mettre en exergue les bons livres qu'on a pas forcément chopés durant les derniers mois. Il y aura aussi un entretien dans la partie Veille, pour le premier numéro ce sera Jean-Jacques Schuhl.
Quand Eric m'a proposé le projet, j'ai un peu flippé sur le coup. Une revue, c'est beaucoup de travail, et surtout je craignais que ce soit un peu comme du temps d'EvidenZ, la revue de Medhi Belhaj Kacem à laquelle j'avais collaborée il y a huit ans : des réunions hebdomadaires interminables dans un café, des luttes d'ego épuisantes et mémé qui se fade le côté relationnel toute seule. Heureusement, ce n'est pas le cas du tout, mais alors rien à voir. Ca tombe bien, parce que je crois qu'avec le temps, si y a bien un truc que je ne supporte plus, c'est d'ergoter sur la littérature dans les cafés. D'autant qu'on ne peut même plus y fumer.
On bosse beaucoup par mails, ça fait quelques mois déjà. Et puis les réunions sont peu nombreuses et chez moi. La dernière il y a quelques jours a été très efficace, on avait Massera par Skype comme il est à Berlin, et on a super avancé. On a tous passé l'âge d'avoir besoin de se créer un espace pour pouvoir la ramener, et ça, mine de rien, ça change tout. On est vraiment animateurs, on cherche les textes et les auteurs, on écrira chacun finalement très peu, à part Jean Perrier qui va s'occuper avec Dominique Jenvrey de la majorité de la partie Veille, puisque la critique littéraire est son métier. Je tenais, comme tous les écrivains de l'équipe, à ne pas avoir de double casquette auteur / critique. Ca n'empêche en rien un papier coup de coeur, mais ça évite bien des problèmes.
Je trouve ça important, qu'on fasse cette revue. Pour des raisons assez évidentes. Ce qu'on lit et veut défendre n'est pas représenté dans le paysage éditorial, alors plutôt que de continuer à gromeller, autant se retrousser les manches, s'y coller soi-même, et au final proposer ce qui manque :
"Notons que le paysage éditorial français est séparé en deux mondes bien distincts (les grandes marques appartenant aux groupes, les petits éditeurs indépendants) que les formes qui peuvent constituer un enjeu aujourd'hui ne représentent plus nécessairement un intérêt pour les grands groupes que la main mise des grandes marques sur le réseau éditorial (diffusion, librairies, presse) est incroyablement hégémonique que le support revue est moins un espace de réflexion qu'un support promotionnel que les revues ignorent ce qui se passe en dehors des catalogues de 30 maisons d'édition bien établies et qu'elles sont tout de même assez old school que si ça continue le marché du livre se sera définitivement substitué à l'histoire de la littérature. Notons que créer un espace-revue contemporain est une bonne idée qu'un espace n'est pas le QG d'un réseau, d'une communauté, d'un groupe éditorial mais un espace bien plus grand, bien moins pépère, bien plus impliqué dans l'expérimentation du monde et de ses formes que cet espace ne devrait pas être une tour d'ivoire flaubertisante sûre de son histoire au point de ne jamais se remettre en question que cet espace accueilllera une vision de la littérature bien plus large que celle communément observée depuis la fin du XIXe siècle."
Chaque numéro coûtera 10 euros. Il est déjà possible de s'abonner, de façon à soutenir la revue, via le site des Edtions è®e, en cliquant sur abonnement.
Nous avons ouvert un blog, où les intervenants que chaque numéro, enfin ceux qui ont envie, nous rejoindront. Pour l'instant c'est encore calme, un peu de Fictions, beaucoup de Veille. Je n'y suis pas franchement présente, je ne trouve pas encore mes marques, ayant déjà Remarques & Cie j'ai peur des doubles emplois. Mais je vais m'y mettre sérieusement. A terme, il va être bien, ce blog. Il n'y aucun endroit où l'on trouve plusieurs auteurs contemporains ensemble, avec le type de posts qu'il y aura.
Voilà donc à quoi je m'occupe en ce moment. Quoique je mens. En ce moment, mis à part quelques heures ci et là pour TINA, je reste à fond sur mon Livre des morts. J'en suis à la page 102, je dois attaquer la partie fiction pure, et je flippe bien ma race. Mais ça va aller. Je crois que j'ai enfin trouvé la voix de mon personnage, après une pause festive ce week-end, où nous avons fêté la signature de Wilfred* sur un label très chic.