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Ca y est c'est fini. Tout. Les complications éditoriales dans lesquelles j'étais kidnappée avec tout le catalogue verticalien, le marathon des workaholics anonymes, les bronches qui se la jouent grandes phtisiques ambiance glaires et XIXe siècle, le siège de mon forum par des trolls fantassins servant sous Saint Karcher, les angoisses à l'idée que le corps ne tienne plus que le corps se refuse au rythme du mépris et de la maltraitance. Il a fait grève, ce con. Et je déteste ça. J'ai même du appliquer son arrêt maladie, je ne pouvais plus rien faire, même pas fermer le poing ni ouvrir le clapet de mon ordinateur. Mais ça y est c'est fini. Enfin presque.

Le second épisode de Colline n'a que des yeux pour Magazine, à rendre pour tout à l'heure. Encore un bon feuillet. Chercher des clopes dans deux heures premier tabac ouvert et finir pour de bon avant d'aller dormir. Quoique. Bosser deux heures sans fumer impossible, procrastination mon amie pour cause d'addiction casse-ovaires. Bientôt fini bientôt bientôt.

Cent vingt mails de retards, Cent vingt mails en souffrance, à l'époque du courrier papier jamais on n'en serait venu là. Ca devient n'importe quoi. Et moins j'ai pu répondre et plus j'en ai reçu sans pour autant répondre, j'ai peur de me faire mordre dès que j'ouvre Outlook. Et puis il y a le mail du 5 octobre 9h34. Le plus ancien de la liste, un pont dynamité laisse venir la Dame Blanche l'or du limon disait noyez-vous dans les cendres, je tourne et je contourne j'ai répudiée sœur d'armes et je ressens l'absence, ça je ne peux pas le nier, je hais mon empathie, je lutte et je me déteste d'être à la fois si faible nostalgie ô insulte et si hautainement conne avec mes sales principes qui chaque jour d'avantage s'appliquent taxidermistes à me durcir dedans pour ne plus craindre les bleus. A l'œil le ciel crevé, une ecchymose rimmel waterproof je ne sais pas si les orgueils ne sont pas trop à vif, nos ego deux tomates pelées, définitivement trop à vif, L. et moi, deux tomates pelées est-ce que ça peut se parler sans faire saigner le reste, est-ce que c'est trop fragile à jamais trop fragile je n'en sais rien du tout. Mais je vais essayer. Peut-être. On verra bien.

Force physique réduite à néant, capacité mentale s'adresser au portier, à la maison chacun son tour, l'automne était malade mais maintenant hein ça va aller j'ai dit. Un bon coup sous le zéro au revoir kystes et microbes. Il m'en reste un sur la cornée, de kyste, mon morceaux de cerveau qui fuit par le canal lacrymal, je lui ferais bien ça fête à lui aussi mais. L'opération, encore, comme l'an dernier, effroi et relents d'orange mécanisée, j'ai pas franchement envie même si c'est obligé à terme sous peu et finalement un de ces quatre en catastrophe au secours mon chéri je suis borgne.

C'est presque fini. Donc. Tout ça presque fini, ce tunnel de rentrée parfaitement sadique, mise à l'épreuve de soi tiens je ne meurs pas encore mais que c'est amusant je ne l'aurais pas parié. J'ai toutes mes jauges dans le rouge mais c'est dingue je suis debout et j'ai tenu le coup. Certains jours il fallait faire entrer quatre déclinaisons en 24h. Simsologue de terrain, forumancière à ASI, préparatrice de bande son pour performance, écrivain. Ca faisait une nuit de trois heures en alternance avec une nuit blanche. Je ne suis pas morte. Tout a été fait et rendu, tout a contenu ce que je voulais, ou presque. C'est amusant. Tralalère. 8.4 de tension dans ta face. C'est amusant. Je ne suis pas allé à l'hôpital, j'ai tiré comme une truie sur la corde mais pas de Docteur Lagarigue drôlement épouvanté ni de sérotonine en vrac. C'est bien ma fille t'es résistante, t'as une gueule de septuagénaire non liftée, mais tu l'as fait, le grand huit dans le calendrier clap clap onk onk. C'est fini j'ai dit c'est fini.

Les éditions Verticales restent Verticales. Pour de bon. Plus de Phase Deux, de crainte, de Monsieur Hervé, de lettres, de mesquineries libérales, de doutes, de panique, fini. J'habite dans la télévision se sera bien avec Bernard Wallet et chez Verticales, Verticales plus au Seuil mais chez Gallimard point. Le catalogue nous suit. Certainement pas sera bientôt réédité, il arrive en rupture. Comme quoi le temps des textes n'est pas le temps de l'édition. Pas trouvable pendant un mois en librairie en pleine rentrée, pas d'accès, des papiers oui bien sûr mais on s'en fout gravement d'avoir des articles quand le bouquin n'est chez aucun libraire, surtout pour une histoire de diffusion. Bah malgré tout. Un an et deux mois, tout doucement, plus que prévu et c'est fini. Enfin ça recommence.

J'ai achevé les envois du petit livre noir. Les Juins ont tous la même peau chez La Chasse au Snark c'est parti. Samedi prochain signature aux Cahiers de Colette, une douzaine de lectures prévues sur trois mois et une rencontre publique avec Véronique Ovaldé. Les lectures librairies j'en avais oublié le petit côté touriste luxe calme et volupté, à force de faire des perfs avec la bande son à finir une heure avant de monter dans le train. Pas de nuit de boulot avant le départ. Pas d'ordinateur et de matos qui pèse une tonne à trimballer, pas de balance, pas de putain où sont les câbles, pas de stress et bien moins d'enjeux. Rien à démontrer ni prouver, le texte est disponible bien au chaud avant comme après, juste une petit bonus sympatoche, de l'humain, du vivant. Une trêve dans l'autisme annuel. Le silence apaisant de la chambre d'hôtel qui donne sur la place ou le clocher. Le repos du guerrier, on peut dire ça comme ça.

Ne plus prendre désormais aucun travail supplémentaire. Aucun. Forum l'après-midi, son blog un peu aussi, J'habite dans la télévision le soir, une fois par mois le bureau de lecture de France Cu, une fois par mois la chronique du forum, une fois par mois et demi l'épisode de Colline pour Magazine. Et d'ici fin décembre rendre Fiscal's Paradise à la DAP, c'est un projet que je fais avec François Curlet. Plus rien de plus j'ai dit plus rien de plus.

Finir à temps le duo avec Jean-Luc Le Ténia pour qu'il soit sur son prochain album, reprendre la bande-son de J'habite, bidouiller deux-trois trucs avec Dorine_Muraille et puis savoir dire non. Non à tout le monde. Sauf à Igor, surtout en juin, ça va de soi.