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J'ai dit non et ça va beaucoup mieux. Ca n'a strictement rien à voir avec le référendum, ce que je peux en avoir ras-le-bol de ce référendum c'est insensé ce que j'en ai marre, d'ailleurs j'aurais dit non aussi mais j'ai réalisé hier qu'en fait j'étais pas sur les listes. Ca m'a rappelé à la réalité, celle où des fois je prends des décisions lucides pour me préserver des accès de citoyenneté à venir.

J'ai dit non assez poliment, enfin dans la plupart des cas faut quand même pas exagérer non plus, et c'est bon signe puisque l'instinct de survie opère, mieux : que l'instinct de survie opère sans déchiqueter la bienséance.

J'ai repris possession de mon espace-temps. Plus qu'une seule feuille rose accrochée au-dessus du bureau, une seule feuille rose pour mai *et* juin, une réunion du bureau de lecture et une seule perf dans plus d'un mois. Pour le reste le gros feutre indique finir Vian et c'est tout. Bon d'accord ça veut dire finir un livre en quinze jours. Mais c'est un petit livre, j'en ai fait la moitié, les recherches sont finies et la structure aussi. Enfin je pense. Cette semaine essayer d'aller à Ville d'Avray, le sépulcre introuvable parce que sans inscription, mener l'enquête dans le cimetière, prendre des notes et des photos. Je vais y aller avec Igor. Il a toujours de bonnes idées et puis ça pourra être joli.

Ce qui est bien quand on refuse des trucs, c'est qu'on prend un plaisir sadique à s'avorter de plein de projets, à se créer des petits martyrs, des idées sacrifiées sur l'autel hiérarchique de la vraie motivation. Comme ça on la retrouve. On ne peut plus la louper. Et on a moins droit à l'erreur. Dire non à une commande de texte ou de bouquin, quand le projet tient le coup et qu'il n'est pas minable ou complètement débile, ça veut dire être conscient qu'on s'interdit une occasion de, quelqu'elle soit. Alors faut que ça vaille le coup. Que l'objet sur lequel on bosse apporte aussi suffisamment pour justifier qu'on ne se soit concentré que sur lui. Le Vian faut que je cravache vraiment fort.

Après ça sera beaucoup plus simple. Deux mois de off sans fléchissement histoire que le corps se la boucle. De septembre jusqu'à achèvement J'habite dans la télévision phase finale, roman et bande originale du livre, livre-cd affaire classée. J'y tiens vraiment énormément et je ne prendrais plus aucun chantier supplémentaire, j'ai pas les nerfs assez solides, et puis mon cerveau en a marre de toujours devoir assurer dès qu'on appuie sur un bouton.

Il s'est passé des trucs, bien sûr pour que j'ai pû reprendre le contrôle. D'abord j'ai rencontré les B.I.T.C.H. et ça m'a fait plus qu'un bien fou. J'ai deux petites soeurs pas pour de faux, c'est la première fois que ça m'arrive, j'ai des cousins aussi, je crois. C'est pas passé que par les mots, c'était pas qu'une soirée bas-bleu dans un quartier du vieux Bruxelles. On a vraiment communiqué et tout était très évident, aucune défense à activer, aucun simulacre parasite. Sa la ga doo la menchicka boo la bibbidi babidi boo et en plus à minuit y a même pas eu de citrouille. Y avait de l'affection surtout. Du respect, de la bienveillance. On aurait vite fait de s'habituer. Cet été je vais beaucoup bitcher, ça tombe sous le sens de toute façon. Ca c'était donc la première chose.

La seconde j'en parlerais demain parce que y a la rediffusion de la quotidienne de la Ferme 2 et qu'à cause du travail je dois prendre des notes. Régine a disparu je ne pense pas qu'elle soit morte seulement on ne sait jamais.