#174

J'ai vu des amis, ces derniers jours. Joué à Spore aussi, moins qu'Igor, mais pas mal. Je crois bien que Spore est le meilleur jeu sorti depuis Les Sims. Je n'en suis qu'au stade Civilisation, j'ai pas compris comment se faire des amis pendant que j'étais en phase Tribu, du coup j'ai buté tout le monde, absolument tout le monde, les cinq villages, les troupeaux de bestioles, tout, sauf les énormes machins Ogres, parce bon, pas suicidaire non plus, hein. Enfin, j'ai essayé, mais on se fait laminer d'un éternuement Les sauvegardes sont à la demande, heureusement. Je voulais avoir des amis, jouer un peuple super pacifiste, limite babos, mais la corne de bouc, les maracas, tout ça, je n'ai pas trop su m'en servir, j'avais 1 sur toutes les pancartes. Désespérant. Du coup, je suis devenu une race de prédateurs complètement maboules, qui n'aspire qu'à fabriquer et utiliser aussitôt la bombe atomique. A part un, un seul individu sur tout mon peuple. Lui, il propose de fonder ma civilisation sur la vénération des petits gâteaux. Du pur Will Wright smiley d'extase tantrique.

J'ai fait un morceau de ce week-end. Quelque chose pour la BO de Dans ma maison sous terre, ou pour le site, je ne sais pas encore. Soit Aurélie valide et ça devient un post-scriptum sonore au livre, avec des ajouts de piano à effectuer et des choses à revoir, soit je le mets à télécharger tel quel, on verra demain.

J'ai posté sur le blog de TINA, une piste de lecture.

Demain je vois Bernard Comment pour les dernières corrections de Dans ma maison sous terre, et la directrice de la Ménagerie de Verre pour Eden matin midi et soir. Nous entrons en laboratoire dans une semaine, pile. J'ai vraiment hâte. Il faut que je finisse mon texte pour les Cahiers de l'Insitut, où le nénuphar de L'écume des jours témoigne. C'est difficile à faire, parce que stylistiquement très tricoté, alors c'est assez long pour un petit chantier.

Le site va bientôt être redisigné, j'ai récupéré tous les dessins de François Alary, qui sont plus que top, il reste à faire les montages et l'intégration. Je pense que courant septembre, ce sera en ligne.

En attendant, je vais suivre à la trace les aventures de Monsieur Poulpe, le spécialiste de la cuisine et des cascades chez Nolife, la seule chaîne de télé qui propose *autre chose*. Mais alors vraiment *autre chose*.


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#173

Viens d'achever ma nouvelle pour L'une & l'autre. J'aurais aimé que Narcisse et ses aiguilles se finisse bien, c'est à dire par l'acquisition des fameux escarpins. Mais en fait non. De toute façon je suis fauchée, j'ai x contrats en cours et aucun avaloir n'est arrivé dans ma boîte aux lettres. C'est pénible, et ça devient problématique.

Je viens de recevoir un très joli mail de Philippe Gasparini, qui m'explique que l'autofiction n'est pas un sujet de chapelle aux mains des universitaires au sens strict. Je me sens beaucoup plus libre depuis quelques minutes, prête à me lancer dans Politique de l'autofiction. Mais bon, avant il faut faire le texte pour Les cahiers de l'Institut. Je vais essayer de faire ça dans les jours qui viennent.

Du 15 septembre au 3 octobre, je suis en labo à la Ménagerie de Verre, avec Hauke, Anne et Ludo. Ludo, c'est le musicien. Il fait des drones géniaux. Il bossera à la guitare électrique pendant la pièce, de dos, derrière un rideau opaque. J'ai vraiment hâte qu'on y soit, qu'on travaille. C'est ma première expérience théâtrale, jusqu'ici je n'ai vécu que des adaptations, sans y participer. Ce qui est bien, c'est que nous sommes en équipe ultra réduite. Ce qui permettra vraiment des expérimentations et je l'espère aucun parasitage relationnel. Je ne sais pas à quoi ressemble une scéance de travail de ce type. Je suis curieuse et de plus en plus excitée.

Il faut que je poste quelque chose sur le blog de TINA, je participe peu. Je vais parler des Cahiers de la guerre de Duras, je pense. Des textes superbes, où toute l'oeuvre autofictive de Duras se trouve. J'ai rencontré Sophie Bogaert à Cerisy, c'est elle qui a établie cette édition chez POL avec Olivier Corpet. Elle a fait une intervention géniale sur Duras pendant le colloque. Quelque chose de passionnant et de drôle. Les durassiens sont rarement amusants, trop englués dans le respect pour la dame. Respect que je partage infiniment, mais quand même, à la fin de sa vie, elle yoyotait un chouia, la Marguerite, faut l'admettre.

A part ça, je ne sais pas quoi faire ce soir. J'hésite entre la combo Koh-Lanta Secret Story, bosser encore, ou sortir je sais pas chez qui. J'ai quand même bien travaillé cette semaine, je mérite un peu de répit. Demain j'enregistre un truc avec les Pénélopes, mais le soir, ce qui me laisse le temps de me remettre si je déconne.

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#172

Retour définitif de l'être bloggé. Reprise des activités² x plein de boulot. Il y a TINA, le numéro 2 à préparer, des posts de veille à faire, aussi. Il faudrait finir le texte pour L'une & l'autre, Narcisse et ses aiguilles, mon histoire d'escarpins. J'en suis à la moitié. J'ai écrit en vacances, mais pas assez. Pas pris du retard, mais je dois remettre la pression immédiatement sinon ça peut devenir problématique.

Il me reste à écrire le texte pour les Cahiers de l'Institut. Je vais faire parler le nénuphar qui a mangé les poumons de Chloé. Ce serait bien que ça ait un rapport à Vian, à la 'pataphysique, que je trouve des détournements mais que ça reste poétique. Je vais me mettre en apnée quelques jours et ça devrait être faisable. Enfin, j'espère. Je dois le rendre en septembre, mais je ne sais pas exactement quand, si ça se trouve c'est pour dans trois jours simley de panique soudaine.

J'ai travaillé le son, à la campagne. Ebauché la chanson de Mérdith, une des mortes de Dans ma maison sous terre. Je vais la faire écouter à Aurélie, j'attends de savoir si elle valide ce fond de tarte pour la tourte ou si ma mixture est pourrave. Auquel cas je me serais quand même bien amusée sur le piano.

Je vois Hauke tout à l'heure, le metteur en scène d'Eden matin midi et soir. La phase de travail autour du texte commence. Nous entrons en labo le 15 septembre, en fonction de ce qu'il se passera sur le plateau, le texte va évoluer. Il paraîtra aux éditions Joca Seria en mars, en même temps que la pièce sera jouée. Je suis super contente de faire un objet avec Bernard et Brigitte Martin, en parallèle des éditions c'est eux qui font Ecrivains en bord de mer, mon festival littéraire favori. Je n'ai plus peur qu'Anne dise le texte, l'incarne. Je suis même heureuse qu'elle le fasse, maintenant. Elle sera un Adèle magnifique.

Je viens d'être contactée pour écrire une forme d'essai chez Travaux Pratiques, la nouvelle collection du PUF. Ce serait quelque chose sur l'autofiction. Jusqu'ici je n'ai écrit que des formes fictionnalisées. Je redoute toujours l'exercice, mais je pense qu'il est temps que je m'y colle. Je fais un parallèle avec l'université, j'ai arrêté sans finir ma maîtrise, et ma maîtrise sur Vian s'est transformée quelques années plus tard en Les juins ont tous la même peau. Si j'avais continué la fac, si j'avais eu les capacités mentales et intellectuelles d'aller jusqu'à la thèse, je l'aurais faite sur l'autofiction. Là, j'ai la possibilité de faire une sorte de thèse sur l'autofiction, parfaitement à ma sauce, alors il faut y aller, ce serait quand même idiot de passer à côté d'une potentielle restauration. Parce que ce que ça peut m'inférioriser dans le ciboulot, le fait de n'avoir qu'une licence, des fois, c'est dingue. Alors je me dis qu'avoir un texte au PUF, ça équivaut peut-être à une thèse. Spéciale. Pour les filles incapables de finir l'année scolaire sans passer par l'HP. Et puis, enfin surtout, il est temps que je défende frontalement l'autofiction, après tout je suis praticienne donc quand même pas si mal placée que ça pour en parler. Un texte qui exposerait les enjeux politiques du genre, qui pourrait mettre en exergue en quoi c'est un geste politique. Politique de l'autofiction, donc. C'est Laurent de Sutter qui a trouvé le titre, il me plaît bien. Je ne sais pas si on va le garder, mais ça fait drôlement sérieux. Epouvantablement, même. En même temps je vais apprendre pleins de trucs pour le faire, ce bouquin. Va falloir cogiter sévère. J'ai assez peur, mais à trente-cinq ans faut aussi se forcer un peu, sinon on ne prend jamais de risque en faisant exprès.

Suis en train de lire le magnifique journal de prison de Grisédis Réal, Suis-je encore vivante?, chez Verticales. Préfacé par Yves Pagès, il sortira en octobre :

« Ces lignes seront-elles lues un jour ? Je ne sais.
Je suis en prison. Déjà six semaines. Le plus atroce fut le premier jour et la première nuit. Là j'ai atteint le point culminant du désespoir. Puis ce fut facile. Nous étions trois. Le temps flottait, entrecoupé de jeux, de rires, d'anecdotes.
Maintenant je suis seule de nouveau. Le désespoir s'est redurci, il forme bloc avec la cellule, j'étouffe à l'intérieur comme un poisson pris dans la glace. La cellule n'est pas grande, mais elle est très haute. Elle est pourvue d'un affreux éclairage au néon, trop pâle. On l'allume tôt dans la soirée, par un commutateur placé dans le corridor. Le corridor jalonné de cellules est immense. A tout moment retentissent des pas et des bruits de clés. On contrôle les fermetures, mais nous, les prisonnières, nous ne voyons personne. On nous épie souvent par un trou minuscule placé dans un carré de fer qu'on peut soulever sans bruit de l'extérieur. Ainsi ne se sent-on jamais tranquille, mais à la merci d'une observation continuelle. »

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#171

Rendez-vous avec Emmanuelle Vial hier. C'est la directrice de Points Seuil. Elle a une politique éditoriale vraiment suprenante, au regard des pratiques habituelles. Ce n'est pas les ventes effectuées qui la motivent pour publier un ouvrage, elle ne fonctionne pas comme ça. Elle veut de la cohérence, suivre un auteur le plus possible. J'ai été transparente sur mes chiffres, qui, comme chacun sait, ne sont pas élevés, juste le minimum syndical pour le type de littérature que je pratique. Ca ne l'a pas du tout refroidie. Elle agit comme une vraie éditrice, pas comme une gestionnaire de catalogue.

Elle est très agréable, Emmanuelle Vial. Elle parle de son travail de façon intense, passionnée. Elle pense ne pas donner une seconde vie aux livres, mais la possiilité de la vie éternelle. Je trouve ça très joli, touchant, même si à mon avis mes livres à moi, poches y compris, finiront inéluctablement au pilon. Ou sur un site internet, dans un format qui m'aura permis d'inclure du son, des images et des hypertextes partout, sur tous. Quand je serai vieille ou en panne d'insipiration, je m'amuserai à ça.

J'ai envie d'un livre pensé en numérique, mais où il se passe des trucs que le papier interdit. Je ne vais pas pouvoir m'y mettre cette année. Dès que j'ai fini les trucs à rendre pour l'automne je dois écrire Le Club Lilith pour Verticales. Le Club Lilith, je ne sais pas encore quelle forme ça prendra. Mais ça parlera d'un groupe féministe qui se forme de nos jours.

Les juins ont tous la même peau va être à nouveau disponible en librairies grâce à Emmanuelle Vial. Je suis très contente, parce que La Chasse au Snark, son éditeur, a fermé, comme beaucoup de maisons avec lesquelles j'ai travaillé. Je reçois régulièrement des mails me demandant comment procéder pour l'obtenir, je réponds toujours désolée mais yaplou. Là, je peux dire quelque chose d'un peu plus concret : c'est dans quelques mois en Points Seuil.

Je pars pour dix jours dans les Landes. Il n'y a pas de connexion et le portable ne passe pas. J'emmène juste mon pc pour bosser sur les textes à rendre, et quelques voix à monter pour Aurélie. Ca va me faire du bien, être vraiment loin de tout.

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#170

C'est du sang, plein de sang, sur les murs. Sur mes mains aussi. Au réveil. Depuis deux jours c'est comme ça et c'est très fatigant. Pas effrayant, mais fatigant. Il faut plusieurs minutes pour se convaincre que c'est dans ma tête, pas dans le réel, dans ma tête. Malgré l'odeur, la sensation sur les doigts. Ereintant.

Rêve, cette nuit. Je veux virer Anne, la comédienne de la pièce. Je le lui dis, puis lui fracasse le crâne contre un angle quelconque. Ca dure longtemps, mais elle n'a rien. Elle me dit qu'elle doit téléphoner à sa mère, elle se retourne et m'étrangle avec le fil du téléphone. On se débat longtemps, une grande violence. Elle finit par me tuer. Mon propre sang, sur mes mains. Quelque chose comme les dix premières minutes après le réveil. Des traces brunes sur ma Lucky.

Je ne supporte pas l'idée que quelqu'un d'autre que moi dise Eden matin midi et soir. Je dois me l'avouer. J'ai écrit cette pièce pour Anne, pour qu'Anne la joue. Mais au moment où les mots vont être dans sa bouche, je panique. C'est comme si elle allait me les enlever.

Il est temps que je reparte en vacances. Jour J-2.

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#169

J'ai été malade tout le week-end. Je déteste rester au lit. Aujourd'hui je n'ai pas le temps d'ajouter ma lecture de La dernière fille avant la guerre, de la faire, de l'enregistrer. Aurélie est rentrée de vacances, nous allons travailler sur la musique de Dans ma maison sous terre. Elle a préparé des morceaux, il y en a un par chapitre non autofictif, soit un par personnage croisé. Elle a fini celui d'Anatole. Anatole, c'est mon vieux, fallait bien que j'en ai un qui meurt juste de vieillesse, sinon c'était exagéré.

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#168

Ai fini cette nuit la version 1 d'Eden matin midi et soir. J'ai 40 pages pour 50 minutes, avec la comédienne et le metteur en scène on va travailler à partir de cette base en septembre. Au contact du plateau le texte va s'étoffer, se modifier. L'idée c'est qu'en novembre on ait la version définitive, pour que les répétitions classiques puissent commencer. Les représentations auront lieu en mars.

Je suis contente et soulagée. Je n'était pas certaine de pouvoir le terminer dans les temps. Pour une question d'état mental. Depuis un peu plus d'un mois, je suis stabilisée. Or la pièce est sur le suicide. C'est très difficile d'écrire sur un sujet glauque quand on est en forme. Le risque de basculer à nouveau me pendait au nez, je redoutais de m'y remettre. Peur que le texte me contamine et que, comme mon Adèle, la pulsion de mort balaie tout, à nouveau tout à l'intérieur.

Aujourd'hui je ne sais pas si je vais faire une lecture pour le site, comme prévu. Je suis un peu fatiguée. Je vais plutôt me pencher sur un chantier en court, Narcisse et ses aiguilles, la nouvelle pour L'une & L'autre à rendre en octobre. Le sujet semble plus léger, puisque j'y parle d'escarpins, mais il est lié aussi à l'épisode dépressif de cet hiver. J'aimerais régler tout ça avant de repartir en vacances la semaine prochaine.

Il me reste un texte à faire pour Les cahiers de l'institut, une nouvelle revue sur les fous littéraires. Je dois la rendre en septembre. Ca doit si possible avoir un rapport à Boris Vian, alors je crois que je vais faire parler le nénuphar de L'écume des jours.

Reçu le dernier Angot. Je voulais le lire au plus vite, mais là, avec la nouvelle à écrire, je ne sais plus. Je redoute d'être stylistiquement parasitée. Que mes phrases perdent leur rythme propre au profit de son rythme à elle. Ca arrive plus souvent qu'on ne le pense, avec Angot.

Essayé hier, pause divertissement, de faire cette putain de ligne de basse de Lucretia. Le résultat était étrange, aucun rapport avec la mélodie de base. J'ai réalisé que j'avais inversé la tablature, et donc les cordes. Ai demandé à Axel des Pénélopes de me jouer via un mp3 les notes, que j'ai un modèle sonore, à blanc, juste la basse. Je devrais finir par y arriver, c'est pas possible d'être si lente, pour ne pas dire parfaitement demeurée. Heureusement, il y a des chutes, des bouts de ce que j'ai fait, qui, passés à la distorsion, sont utilisables. Pour autre chose que Lucretia, puisqu'on ne reconnait pas du tout. Je reprendrais mes chantiers sonores à la rentrée, là j'ai aucune idée de texte. On aimerait bien rebosser ensemble, avec les Pénélopes, alors je pense que je me concentrerai plus là-dessus que sur un atelier perso purement récréatif.

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#167

C'est Eric Arlix qui en a eu l'idée. Je ne sais plus quand c'était, cet hiver sûrement. On était parti du constat qu'aucune des revues littéraires actuellement en place ne correspondait pas à ce qu'on lit et défend. Au début, je voulais qu'on appelle ça Extraction. C'est un peu poussiéreux et plus adapté pour une collection qu'une revue. Mais heureusement, Eric a pensé à There Is No Alternative, TINA, donc.

Le noyau dur s'est constitué très rapidement, je crois qu'en trois jours c'était réglé. Une semaine maximum. C'est ça que j'aime bien chez Arlix, cette ultra efficacité. Il connaissait Jean-Charles Massera depuis longtemps, avait publié le premier livre de Dominiq Jenvrey et Emily King, on aimait le boulot d'Hugues Jallon, le côté politique de son travail, aussi. Eric a pris contact avec Guy Tournaye, ça nous paraissait important qu'il participe de près. Pour que le côté critique littéraire soit assuré, on a fait appel à Jean Perrier.

TINA, c'est pas une revue de potes. J'ai déjà participé à une revue tournant autour de la notion de communauté, j'avais plus envie de ça. On n'est pas un groupe d'amis qui fait une revue pour s'occuper, se placer, exister. D'ailleurs, à part dans le numéro 1, parce qu'il fallait se positionner clairement, la majorité d'entre-nous ne publiera pas frontalement. On est là pour animer, soit chercher les thématiques, commander et dégoter les fictions, lire des bouquins, en discuter et après en rendre compte.

L'idée c'est de proposer une revue qui s'intéresse aux formes de résistance contemporaines, à la recherche littéraire, aux expérimentations. Aux maisons et aux auteurs qui ne sont pas mis en avant comme ils le méritent, aussi. Donner des pistes différentes, aider le lecteur à voir autre chose. TINA c'est un format poche aux coins arrondis, un joli petit objet, une sorte de guide++ pour 10 euros.

TINA se présente en trois parties. D'abord, la partie Fictions. On y trouve des textes inédits d'auteurs confirmés (Lutz Bassman, l'artiste Claude Closky, Patrick Bouvet pour le numéro 1 ; Maryline Desbiolles sera dans le 2) ou déjà publiés (Ian Soliane, Guy Tournaye, Karoline Georges pour le numéro 1). Il y a un extrait d'ouvrage à paraître, ce coup-ci c'est un chapitre des Mains gamines d'Emmanuelle Pagano, chapitre vraiment très beau, comme le roman.

Il y a une partie Labo aussi, où se trouvent des auteurs encore non publiés (Emilie Notéris et Nina Yargekov dans le 1). Je suis particulièrement contente que cette dernière y figure. J'étais rentrée en contact avec elle dès ses premiers posts sur son blog Cuisine Interne. Une voix tellement singulière. Son manuscrit, je l'ai suivi tout au long de ses différentes versions, et je suis très heureuse que finalement il soit publié l'hiver prochain chez POL. Une histoire éditoriale qui se finit bien, c'est rare. Mais je pense que quand vous verrez en février la teneur de ce roman génialissime, vous comprendrez pourquoi. Des comme ça, on en voit passer un tous les cinq ou dix ans. Nina Yargekov, c'est une grande de l'expé en devenir, faut la surveiller de près, c'est moi qui vous le dit. Emilie Notéris sera publiée bientôt, elle aussi. Eric Arlix la sort dans sa collection Et Hop chez IMHO. Dans la série le renouveau des filles, elle se pose un peu là. Elle a également une voix propre, déjà dégagée des Surmoi, organique et installationniste à la fois. Ce que je peux être fière du boulot fait dans la partie Fictions, c'est dingue.


La deuxième partie de TINA est la partie dossier. Dans ce numéro, le thème est La littérature occupée. Un texte littéraire de Pascale Casanova, Une Lettre à TINA de Christian Salmon, des textes de Jean-Claude Moineau, Dominiq Jenvrey, Sandy Amerio, Jean-Charles Massera, Pascal Mougin, Thomas Clerc, Eric Arlix et moi, pour ce numéro 1. Pour le 2, dont le titre sera Décryptages, on va voir ça définitivement mardi. Il va de soi que mon texte, vu le sujet, est une parodie de fiche Wikipedia de la République Bananière des Lettres.

La troisième partie est la rubrique Veille. Des courtes, ou moins courtes, notes de lectures de livres, revues et sites. Un entretien, aussi. Cette fois-ci c'est avec les Editions Tristram, pour le numéro 2 ce sera avec Lydie Salvayre.

L'Edito a été posté par Eric sur le blog de TINA il y a quelques temps, je le linke. Je pense que rien ne peut être plus clair pour présenter la ligne éditoriale et politique de la revue. Cet édito a été écrit collectivement, il est plus long que ce qui est en ligne.

Nous sortons notre numéro 1 fin août, et vous pouvez vous abonner dès maintenant.

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#166

Mise en ligne de la lecture de J'habite dans la télévision. Ai déjà reçu la couverture pour le poche, elle est très bien.

N'ai strictement rien foutu ce week-end. Hier non plus. J'essaie de jouer la ligne de basse d'un vieux classique, pour l'instant ça donne de la purée inaudible. La reprise rigolote, c'est pas pour demain.

Je relis TINA et j'en donne, promis j'en parle au prochain post.

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#165

Poursuite de la mise en ligne des lectures, aujourd'hui c'est le début des Juins ont tous la même peau. J'ai réalisé deux choses : après le coup du clinamen contagieux sur les premiers textes, Certainement pas et Les juins reprennent en choeur "tartre" et "stalactites". Je dois avoir des lubies par périodes. J'ai également constaté que le titre de la pièce que je suis en train d'écrire, Eden matin midi et soir, était contenu dans un des premiers chapitres des Juins. Ca m'a fait tout bizarre, une cohérence sans faire exprès.

François Bon a, avec une rapidité stupéfiante (mais après m'avoir demandé, qu'on entende pas ma phrase de travers), intégré S'écrire mode d'emploi au catalogue de Publie.net. Je suis très contente, c'est clair qu'il fait de mon PDF ultra-basique un vrai objet numérique. Les actes du colloque seront publiés en version papier dans quelques mois, c'est assez génial que le texte puisse circuler en parallèle dans de bonnes conditions.

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