#316

C'est le dernier jour de 2011, d'habitude je m'en fous un peu, mais là je crois que ça me fait plaisir. Une épreuve que cette année, une longue, très longue épreuve. Carrément de quoi faire un roman. Une femme avec personne dedans sort dans une poignée de jours ; pour moi, la fin d'un temps qui pourrait prendre une majuscule.

Quelque chose de l'ordre du Mutatis Mutandis, aussi. Pas seulement au sens de Juliette. Je suis autre à présent, sûrement parce que nombreuse, combinaison de quelles parcelles. Un choix à effectuer dans la distribution. Chloé Delaume c'est quoi du point de vue de l'état civil. Du point de vue de l'état civil, cette brave dame n'existe même pas. Alors comment voulez-vous que je m'ancre dans ce foutu réel. Se profile devant l'héroïne une toute nouvelle saison où pouvoir galoper à renfort d'épisodes.

Investir le réel pour mieux le modifier. Injecter de la fiction pour écrire ligne à ligne sa propre Apocalypse. Veut dire révélation, vous aurez soin de noter. Je pourrais faire des liens, mais j'ai un peu la flemme, il 3 :46, partout dans la maison dorment mes invités. C'est le dernier jour de 2011, je travaille sur Le ventre de la Ménade, et il y est question de mue.

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#315

Retour. Ici, à Paris pas tout de suite. Suis jusqu'à début avril à la Villa Médicis. Tout ce qui s'est passé depuis des mois ne tiendra pas dans un seul livre. J'ignore encore comment redistribuer le vécu, les informations collectées, recul nécessaire, narration in vivo encore en cours, prendre des notes, souvent mentales mais quotidiennes. Une expérience en soi, la Villa, une des plus surprenante, dense et humainement très remuante, jamais éprouvé ça, ni été confrontée à de telles situations, profils, aussi. Traversée d'une midlife crisis, je crois qu'on peut appeler ça comme ça, 38 ans, milieu de vie, vu ce que je fume soyons réaliste, vingtième publication bientôt, janvier, perte des repères, désert affectif, mise au point pas franchement version Jacquie Quartz. Il n'y a pas que les week-ends qui ont été pires que les vôtres. Agoniser psychiquement au sein d'une communauté imposée, dans une ville culturellement défunte, avec un décor sublime, ciel à crever, pins parasols, palais romain et statues blanches, c'est romantique mais ça aide pas. Culpabilité grasse du qu'est-ce tu fous connasse. L'écriture qui pour la première fois échappe, démonstration en live que mon discours sur la notion de travail, de il suffit de se mettre au travail, méthodologie et rigueur, queue dalle, Calliope existe, la preuve elle s'est barrée.

Une femme avec personne dedans, réécrit par cinq fois, presque tous les chapitres, seuls trois sont restés presque intacts depuis le mois de mars. Tout se modifiait, bougeait, le réel comme les vers blancs. Cauchemar d'être habitée, d'habiter si longtemps le même livre. Fixé définitivement en octobre, patience infinie de l'éditeur face à un roman palimpseste. Jamais je n'avais subi ce cas de figure. Ai donné un entretien au magazine Transfuge à ce sujet, numéro de janvier, rentrée littéraire, donc. Rentrée. Enfin et concrètement. Phase passée, dépassée, porte fermée, verrouillée, un souvenir. Charnière, c'est bien possible. Nécessaire mais violent, le si long processus.

Retour. Ici, et dans le rapport, aussi, à l'écriture. Ai amorcé cette nuit ma commande de Colette Fellous, la collection Traits et Portraits, Mercure de France, là où a été publié Coma de Pierre Guyotat. J'ai un autre livre de retard, un tombeau des années 80 pour Jean-Michel Espitallier chez l'éditeur Philippe Rey. J'ai tellement forcé, sur les deux textes, tellement, si vainement, essayé, cette nuit c'est le texte pour Colette qui est venu. Je n'ai pas cherché à comprendre, même si je sais un peu pourquoi. Je suis sécurisée maintenant, sereine, enthousiaste, quel mot épouvantable et pourtant c'est le terme, enthousiaste. Ambiance la vie tout de même. Deus ex machina en acmé je me noie. Lancelot en plein dans le lac. J'ai ma première page, elle me plait, tout est revenu intact, partition familière. Une page ce n'est pas beaucoup, mais quand ça surgit à 4 :45 au point de vous faire sauter du lit, ça engendre un certain soulagement, et accessoirement une grosse montée de youpi.

J'ai le titre, il est venu il y a un certain temps, pour autre chose, je ne sais plus quoi, maintenant il colle impec au sujet du bouquin. Le ventre de la Ménade. Il va de soi que le projet de base proposé à Colette Fellous est totalement modifié, mais je pense que ça ne posera pas de problème. Tout du moins, je l'espère. Le roman était lié à ma cartographie des rêves, un espace onirique statique où devait se développer une narration intimement reliée à une expérience au final très psychanalytique. Je ne peux plus travailler là-dessus, mon univers nocturne s'est modifié ces derniers mois. Je fais des rêves normaux, depuis que je suis à Rome. Des rêves absolument anecdotiques, dénués de toute topographie récurrente. D'un point de vue psychique ça m'arrange, niveau boulot j'ai paniqué, mais du coup je tente autre chose.

Autre chose, c'est le mot d'ordre. Essayer de développer des pans de l'autofiction comme un origami. Trouver de nouvelles formes, si possibles esthétiques, mais qui apportent des pistes différentes au lecteur. J'ai commencé avec le dernier quart d'Une femme avec personne dedans, il y a un quizz pour déterminer laquelle des trois fins possible lui convient, même s'il va de soi que j'ai triché histoire de le piéger au mieux. Le ventre de la Ménade, je pense que c'est toute l'histoire, le parti pris de l'histoire, qui sera contaminée par la fiction elle-même. Auteur-narratrice-héroïne, j'y tiens, parce que le héros reste un double de l'auteur quoi qu'on dise, ou alors c'est l'anti-héros, et ce qui se joue relève d'autre chose. Je n'ai pas très envie d'inventer une autre, alors que je peux m'inventer en autre. C'est ma proximité avec Guillaume Lebrun, un de mes jeunes Tueurs d'Extraction, qui m'a poussé à cette conclusion que je souhaite ardemment des plus définitives. Il a travaillé sur le postulat de l'autofiction mythomane dans Quelque chose de l'ordre de l'espèce. Et sur la notion de parasitage par la voix des autres dans son prochain texte que je publie, toujours grâce à Joca Seria qui héberge la collection, en mars. Je crois qu'à force de bloquer sur la définition de Doubrovsky, à paniquer à l'idée du prochain Colloque de Cerisy, j'ai un petit peu oublié que dans mes livres, mine de rien, fiction, réalité, au fond je fais ce que je veux.

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#314

Des nouvelles, dirons-nous. Cela fait longtemps maintenant, il s'est passé plein de trucs. Le roman en cours est une bestiole, un organisme vivant qui ne cesse de se modifier. Je me demande si ce n'est pas l'objet qui m'aura pris le plus de temps de fabrication. C'est certainement celui avec lequel j'aurais le plus fusionné, c'est évident. Il y a des phases de résistance très difficile à vivre, les chapitres se rétractent dès que je veux y toucher. Et à d'autres moments je suis tellement dedans, le lâcher relève de la torture. Je ne suis pas sûre du tout de le publier en septembre, en fait. Je sens que je peux aller infiniment plus loin, dans la structure aussi. Bernard Comment m'a dit de prendre tout le temps qui m'était nécessaire. Il ne me brusque pas, me soutient, m'accompagne. Je suis vraiment contente de l'avoir pour éditeur. Des livres qui méritaient d'être plus travaillés qui se retrouvent en librairie pour cause de programme imposé, de rentrée à tenir galope galope petit poulain, il y en a plein les écuries quand s'en vient l'heure de la rentrée. Comme j'ai décidé de ne pas poster d'extraits, ni de brouillons, il vous faudra être très patients. J'espère que ça vaudra le coup.

La revue Extraction est désormais en ligne. Il va de soi que c'est le tout début, d'ici quelques mois toutes les rubriques seront en plein boum. Je suis passée la présenter aux Passagers de la Nuit, sur France Culture. Le podcast est ici.


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#313

Je rends le manuscrit d'Une femme avec personne dedans dans quinze jours. L'échéance devait bien arriver, alors tant qu'à faire elle a lieu au même moment que la mise en ligne de la revue Extraction, histoire que je passe un début d'année ultra fun.

La fin du texte est compliquée à mettre en place, et ce soir je ne sais plus si ça me parait infaisable pour des raisons formellement objectives, ou parce que je frôle le y en a marre de bosser. Il faudrait vraiment que je m'amuse en écrivant les dernières dizaines de pages du livre, si je ne trouve pas une astuce je ne tiendrai pas, donc faut trouver.Evidemment je sais exactement ce que je veux raconter, mais ça on s'en fout un peu, mon problème c'est comment en faire découler un dispositif. J'ai des idées précises, mais quand je les applique l'écriture ne suit pas, ce qui commence sérieusement à me briser les ovaires.

A part ça, la revue Extraction cherche des collaborateurs en province, afin d'avoir des chroniques sur les spectacles ou perfs expé ayant lieu en régions. La critique effectuée pourra être publiée sous forme de texte, mais j'avoue que le mieux serait un mp3 ou une vidéo. De même, toute personne propriétaire d'une caméra ou d'un enregistreur audio se rendant à une performance me ferait bien plaisir en appuyant sur on et en m'envoyant le document, il suffit de m'envoyer un mail (passer par la rubrique contact la première fois).



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#312

Il ne se passe pas grand chose ici, depuis des lustres. Je n'ai pas le temps, c'est un fait. Et puis ça m'amuse moins qu'avant. Il faudrait que je trouve une utilité nouvelle à cette rubrique, puisque ça n'a toujours été qu'une rubrique du site, ce blog. L'important pour moi, depuis 2003, c'est d'avoir un lieu où sont stockées mes données, la biblio, les pièces sonores, les textes courts, bref, mon actu et mes archives.

Je pars dans quatre mois à la Villa Médicis, je sais qu'à partir d'avril j'aurais et du temps, et envie de communiquer. Peut-être que ça reviendra plus tôt, quand j'aurai fini mon roman. Pour l'instant je n'ai ni le désir d'en parler, ni de poster des extraits. Je suis trop dedans, personne à part mon éditeur n'a lu le manuscrit, je montre de temps en temps des bribes aux proches en leur lisant un passage précis, c'est tout. Je veux être seule avec le plus longtemps possible.

J'hésite à utiliser Facebook plus sérieusement, rapport à la communication d'Extraction. Pour l'instant j'ai envoyé Clotilde, et elle se débrouille très mal. Non seulement son réseau est proche du néant, mais en plus elle est bloquée pour quatre jours. Je voulais l'activer sous peu, parce que la revue est en cours de préparation et que deux livres sortent bientôt, mais c'est pas gagné smiley de putain faudrait trouver une trame narrative pour que Clotilde sur Facebook ça ait un sens.


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#311

Une éternité que je ne suis pas venue ici. J'aurais eu le temps, mais je n'avais pas envie, je suis dans une phase autiste, à part quelques amis je ne vois que les gens avec qui je travaille. Heureusement que ces gens s'avèrent être des amis aussi, je dis heureusement parce qu'en ce moment je ne suis pas un cadeau. Je suis tellement pénible que je ne me supporte plus.

Je suis dans le livre. Une femme avec personne dedans. L'échéance se rapproche, et contrairement à ce que je croyais je vais sûrement le rendre dans les temps. C'est pas que j'ai redouté de ne jamais y arriver, c'est plutôt que j'ai été confrontée à une forme de résistance inédite. Dès que j'avais fini le premier chapitre, je me rendais compte qu'il était bien validable mais qu'il ne pouvait pas constituer mon ouverture. Une véritable malédiction, comme s'il s'écrivait à l'envers, enfin je veux dire par la fin, et dans un désordre complet.

Je l'ai très mal vécu sur le coup. Toutes ces dernières semaines, c'était pas trop la méga teuf quand j'étais derrière mon ordi. Ca fait onze ans que l'écriture est mon activité maîtresse, j'ai publié dix-huit livres, je considère que mon métier est écrivain, certains travaux m'ont demandé plus de temps que d'autres, mais il est assez fréquent qu'un roman soit pondu en trois ou quatre mois. Je commençais donc à fortement m'inquiéter. Je me suis fadé tous les blocages archétypaux les uns après les autres, quand ce n'était pas en même temps. Et puis j'ai fini par capter que mon problème ne tenait pas qu'au simple déficit de confiance en soi, ni à l'atelier qui fait 18m² et qui en plein novembre vous téléporte au coeur du XIXe siècle, dans la famille Ecrivain Maudit je voudrais la fille, bonne pioche. Evidemment ça joue, mais c'était pas le problème.

Le problème, c'est que je n'arrivais pas à canalyser ma colère vers un objet identifiable. C'est en relisant que j'ai compris que je n'écrivais pas que contre, mais aussi pour. Ca change énormément de choses, mine de rien. Une histoire non pas de positionnement, mais de place. D'où j'écrivais, pour quoi pour qui, contre quoi contre qui. J'étais concentrée exclusivement sur des problèmes de forme, j'en avais perdu l'impulsion du propos.

Alors, depuis quelques jours, le cadre que je m'étais fixé, je l'explose. Ca m'amuse beaucoup plus, et j'obtiens de bien meilleurs résultats. Voilà à quoi ça sert, la démarche formaliste : à s'autodéconstruire pour avoir des surprises.



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#310

Première trace de La petite héroïne, au creux d'une émission musicale sur France Culture, en ligne encore quelques jours.

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#309

Rythmique trouvée, un équilibre. Le jour est consacré aux amis et aux projets liés à la musique, et puis, bien sûr, à Extraction. Aujourd'hui, Open Space de Patrick Bouvet sort en librairies. La concrétisation de la collection, c'est passé par l'ouverture du site, la réception des cartons, la découverte de l'objet, tenir le livre en mains, faire le service de presse avec Patrick et ma petite équipe, Noémie Sauvage l'attachée de presse d'Extraction et Clément Ribes, auteur tueur et désormais mon assistant. Big up au passage à Brigitte et Bernard Martin, sans leur générosité, leur accueil idéal au creux de Joca Seria, rien ne serait arrivé.

Mais en vrai, c'est maintenant que ça commence. Parce que maintenant Open Space est disponible, peut circuler. Etre lu, et toucher. Je voudrais tellement que ce livre rencontre ses lecteurs, c'est un texte puissant, du grand Bouvet. Dans le cas d'Open Space, mon rôle se réduit à celui de passeuse, il va de soi que le texte n'avait pas à être retravaillé, donc ce lien entre l'auteur et le lecteur, j'aimerais qu'il se fasse, histoire de me sentir un peu utile, que tout ça n'ait pas servi à rien, une énième collection dans le paysage éditorial, un énième livre, non.

J'ai choisi Open Space en ouverture de la collection certainement pas par hasard. En dehors de mon fanatisme bouvetien qui remonte à la première heure. Ni poésie, ni roman, juste littérature. Une écriture qui expérimente, qui utilise des outils, s'attaque à la forme, en fabrique. Tout en portant une parole radicale, un regard sur le monde contemporain. Je sais que mon choix était juste. Maintenant, le truc, c'est comment faire pour que le livre soit visible, et que plein de gens dépensent la modique somme de 11 euros pour se le procurer.

De ce côté là, je ne sais pas trop comment ça va se passer. J'avoue. Le livre a été envoyé aux critiques, y aura-t-il des papiers et de la neige à Nöel, je l'ignore. J'aimerais bien, pour Patrick, mais est-ce qu'en pleine hégémonie du roman les journalistes sont encore sensibles à des propositions autres, question. Je trouve ça intéressant d'y être confrontée. Parce que moi, je fais du roman expérimental, je joue sur ses codes et valeurs, mais je suis de fait romancière, quelque part et officiellement. C'est infiniment plus facile pour le livre d'être identifié, on dit c'est un roman bizarre, pas tradi et hop le tour et joué.

Patrick Bouvet travaille depuis douze ans sur des objets à la fois différents et très proches. Il a déjà son public. Sauf que si son public ignore que le livre est sorti et qu'il ne fait pas gaffe à l'étale des libraires, on sera bien avancés smiley de reprenons plutôt un Lexomil.

Donc.

La nuit, mon roman avance. J'ai passé énormément de temps sur le premier chapitre, je l'ai refait un nombre incalculable de fois, ça ne m'était jamais arrivé à ce point. Mais c'est très important, compte tenu du livre lui-même. Si l'intro est foirée, la suite ne fonctionne pas. J'en suis désormais à la suite. Je crois que j'avance bien, tout du moins, je suis contente.

Pour finir, un peu de son avec Joachim Montessuis, qui publiera une pièce sonore chez Extraction en mai.



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#308

Nous sommes le 2 octobre. Ce soir c'est la Nuit Blanche, je lis de 23 à la fermeture, vers 2h du matin, aux Cahiers de Colette. Des textes que j'ai choisi, d'auteurs connus et moins connus, des textes forts, rythmés, qui transmettent du ressenti. On verra ce que ça donne.

Colette Kerber m'a demandé de lire mon premier chapitre, celui du roman, Une femme avec personne dedans. Je pensais que j'étais prète. Seulement voilà. J'ai vu mon éditeur hier. Nous avons très longuement parlé du livre, du texte, du projet dans sa globalité. Mon chapitre d'ouverture n'est pas adapté, c'est un fait. Le dispositif affaibli le propos d'entrée de jeu. Je me cache derrière. J'ai commencé à tout refaire cette nuit, détricoté, resserer, reconstruire. C'est beaucoup mieux mais du coup c'est en chantier, imprésentable. Je ne pourrai le lire ce soir.

Le roman sera fini fin décembre. Il m'a demandé une grande phase de maturation et de mise en place du plan. Je sais parfaitement où je vais, j'avance. A présent viennent les agencements stylistiques, j'essaie des trucs, j'ai trouvé des solutions, je dois m'y tenir et m'en servir, écrire avec.

J'ai une ouverture, douze chapitres, une fermeture. Des genres et des tons différents, ça devrait être fluide et assez joli, drôle aussi. Je suis contente. Ce que j'ai à dire devrait être entendu.

Il sortira en septembre. Ca fait longtemps, très longtemps, que je n'ai pas vécu une rentrée littéraire. D'ailleurs cette année, je n'ai rien suivi, à part par le prisme de TINA.

La rentrée d'Extraction arrive après la rentrée littéraire. Open Space de Patrick Bouvet est en librairies le 7 octobre, soit J-5.

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#307

Depuis cette nuit, la collection Extraction a son site. Il est exactement comme je le voulais. A vous de vous promener dedans. Pour l'instant, seuls mes trois premiers objets sont annoncés, je n'avais pas envie de dévoiler tout mon catalogue.

Une page contact existe, avec un mail adapté. Merci de l'utiliser désormais pour tout ce qui touche aux manuscrits. Je préfère par word et PDF que sur support papier. A noter que mon catalogue 2010-2011 est plein, er que je ne cherche que des tueurs et tueuses pour 2011-2012. Projet sonore ou intallation textuelle vraiment barrés bienvenus, roman traditionnel, narration conventionnelle totallement exclus. Je ne fais ni de roman, ni de poésie conventionnelle, si vous pouviez arrêter de m'envoyer des textes où la Marquise et Bettina sortent à cinq heures dès l'incipit ce serait top. Idem avec les versifications classiques, je ne publie pas de sonnets. Et je n'ai plus le temps pour vous réorienter vers des maisons adaptées, je ne peux plus faire ça, sinon je perds des heures. Je suis certaine que vous comprendrez.

La ligne éditoriale d'Etraction sera plus claire pour qui cherche à placer un texte ou une pièce sonore une fois lue la rubrique Démarche. Je pense aussi que dans les mois à venir, au fur et à mesure que ce dessinera le catalogue, avoir envie de s'y inscrire ou non relèvera de l'évidence. Ce qui est certain, c'est qu'Extraction soutiendra des auteurs déjà en place, mais beaucoup de voix émergeantes, et de nombreux auteurs débutants. Surtout à partir du printemps et de l'automne prochain : actuellement, Kaliane et Guillaume Lebrun, deux jeunes auteurs que j'accompagne, travaillent à leur livre, qui seront prêts en 2012.



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#306

Poursuite des lectures avec Vanessa Place. Sous peu la capture de la lecture bilingue faite à la galerie Martine Aboucaya, en ligne sur le site des éditions ère. Mardi 21 septembre à 18h notre petit duo se rendra aux Cahiers de Colette pour un dernier échange, ensuite Vanessa repart aux Etats Unis. Le livre comme son auteur sont très bien reçus. Bon, c'est normal, elle est géniale.

Ai fait un point avec le compositeur de l'oratorio, Bruno Letort, et Ingrid Caven cet après midi, avant la lecture. nous avons mis en place le planning de travail, et des pistes assez claires quand au texte et à l'ouverture. Aussi, je cherche désormais activement une personne qui maîtise le grec ancien. Le choeur, interprété par RoBERT va effectué des sortes d'incantations en grec. Je dois tricoter un texte qui sonne et veut dire quelque chose, j'ai besoin, pour quelques lignes, d'un traducteur. Ca ne doit pas être bien sorcier, mais ici c'est latinland. En fait dans l'idéal il me faudrait aussi quelqu'un qui parle éthiopien, mais l'éthiopien de l'antiquité, du coup je crois qu'il vaut mieux me rabattre directement sur le grec, qui reste une valeur sûre.

J'ai passé la nuit à faire des intégrations sur le site d'extraction, j'en ai un peu ras le bol. Normalement ce sera mis en ligne lundi. Il manque des trucs, je me pose des questions. Je ne mets que les trois premiers livres de mon catalogue dans un premier temps, je rentrerai les autres au fur et à mesure. J'ai pas la couverture du troisième, je fais quoi au secours je mets la photo qui sera sur la couv, un rectangle violet ou je me pends tout de suite. Tout prend des proportions épouvantables. C'est le moment de passer au roman, donc.

Le roman, donc. J'ai pris beaucoup de notes, énormément de recul, trié, fait décanté. Parfois il faut du temps, pas trois mois, pas six mois, beaucoup plus. Le temps de gestation, ça fait partie aussi du processus d'écriture. J'ai compris ce que j'étais en train de construire, de tenter de démontrer, j'ai compris ce que je disais, en somme. Jusque là je voyais, j'entendais, mais je comprenais pas. Le propos, l'intimité du propos était tenu à distance par le dispositif formel, bien sûr, mais dans l'élaboration du projet je n'étais, par mesure de protection, qu'obnubilée par l'architecture du dispositif. Plus du tout par la transmission d'un ressenti, par ce que révèle ce ressenti, ce qu'il dit de précis sur. Je n'étais même plus dans l'expérence.

Je vais prendre le temps qu'il faut pour écrire. J'ignore ce que cela représente. Je connais la structure, j'ai ce qu'on appelle en dissert un plan détaillé. A ce point, jamais ça ne m'est arrivée. J'ai la chance qu'on ait compris mon problème du coté de l'éditeur, de fait je ne suis pas soumise à la pression éditoriale. Je vais travailler à ce livre comme il doit l'être, au rythme qu'il m'a imposé. Maintenant ça va aller, mais j'avais des tonnes de brouillons. Une femme avec personne dedans a pour sujet l'identité féminine. C'est vous dire si c'était le bordel.


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#305

Petit blian de fin de semaine. Des nouvelles de la collection Extraction. Open Space de Patrick Bouvet en librairie le 7 octobre. Le jeudi 14 octobre, à 18h, lecture de Patrick Bouvet aux Cahiers de Colette. Le jeudi 21 octobre à 19h30, lecture à la librairie MK2 Quai de Loire, suivie d'une projection de THX 1138 à 21h. J'espère que vous viendrez nombreux. Je ne vous demande jamais de venir nulle part, d'habitude je vous informe juste, c'est normal, remarquez, on ne se connait pas, mais là, ce serait bien que vous veniez au lancement de la collection.

Il va de soi que le site arrive, mais je veux faire les choses le plus correctement possible, alors je préfère attendre encore quelques jours. Concrètement, soyons lucides, ça ne change pas grand chose : Patrick est un auteur expérimental installé, les libraires ont été démarchés correctement par les représ, et le livre est déjà référencé partout sur le net, y compris vitriné chez Joca Seria. Ce que le site d'Extraction apportera, c'est un éclairage sur la démarche des auteurs. Dans un premier temps. Parce qu'en janvier il se passera d'autres trucs, mais on verra à ce moment là. Enfin, avant quand même, mais pas ce soir.




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#304

Eden matin midi et soir, réalisation Alexandre Plank, avec les voix de Marie Remond, Laure Calamy et Caroline Breton, et surtout Anne Steffens pour qui j'ai écrit le rôle, a été diffusée le 11 septembre sur France Culture. Bon, évidemment j'ai complètement oublié de vous prévenir. D'ailleurs j'ai oublié que ça passait. Heureusement c'est encore accessible en podcast. En plus, c'est vraiment très bien foutu.

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#303

Vanessa Place, rencontre J-15. Exposé des faits, son premier ouvrage traduit en France est en librairie depuis quelques jours. C'est à Emilie Notéris et Nathalie Peronny, qui lancent la collection étrangère aux Editions ère, que l'on doit l'apparition de cet objet violent et incontournable de la rentrée littéraire.

Exposé des faits est une succession de séquences abruptes qui vous sautent à la gorge et à l'âme. Scènes issues de rapports juridiques qui font le quotidien de l'auteur (Vanessa Place est avocate), cette restitution concrète, jamais sublimée, met en exergue la question de la violence faite aux corps, et principalement à celui de la femme.

Vanessa Place, activiste de longue date, signe ici un livre très important, car il contrebalance la mise en scène de la violence cinématographique, l'esthétisation de celle-ci qui a cours dans les séries télé. Comme le souligne Emilie Notéris en quatrième de couverture de l'ouvrage : "C'est au lecteur de prendre en charge la spectacularisation de la trame fictionnelle".

Un extrait :

"L'appelant n'a pas pratiqué de coït oral sur Virginia, et elle n'a pas pratiqué de coït oral sur lui. L'appelant avait peur du virus HIV ; au final, ils n'ont rien fait parce que Virginia était tout le temps malade et réclamait toujours plus de drogue. À l'époque, l'appelant se rasait le pubis ; il portait la cicatrice visible d'un ancien coup de couteau donné par sa femme. Son scrotum est anormalement large. (RT 3:1809-1811, 3:1815-1817, 3:1822, 3:1827) L'appelant n'a pas menacé de violer Virginia : c'était inutile, vu qu'il l'avait déjà payée pour avoir des rapports sexuels. Il ne l'a jamais frappée. Il n'aurait jamais pu s'asseoir sur elle pendant qu'elle pratiquait un coït oral sur lui car il possédait un matelas à eau et pesait à l'époque une centaine de kilos. (RT 3:1811-1812, 3:1841-1842) Si l'appelant a traité M. de salope, ça n'avait rien de personnel. Pour l'appelant, ce terme s'applique à toutes les femmes. (RT 3:1825-1826)

Il a été stipulé que l'appelant avait précédemment été acquitté dans le cadre d'une affaire d'agression avec arme mortelle contre un agent de la paix. (RT 3:1845)".



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#302

Reconfiguration terminée. Dans ma chambrette mansardée j'ai pris mes marques. J'ai changé de quartier, je suis désormais dans le centre, Marais, Cahiers de Colette à côté, dès la rentrée je pourrai assister à des tas de lectures, j'ai Beaubourg à 10 minutes aussi, bref.

Je suis lancée dans Une femme avec personne dedans, je travaille par sessions de nuits blanches, ça me fait beaucoup de bien, c'est mon rythme. J'ai corporellement l'air d'une zombie, mais c'est un dommage collatéral extrêmement accessoire. Maintenant je sais où je vais et comment faire pour y aller, ce qui est quand même rassurant. Mine de rien, je n'étais pas très sécurisée avec cet objet qui ne cessait de muter. Sa forme est stabilisée à présent, je n'ai plus qu'à dérouler le fil.

Je travaille sur un nouveau projet texte / son en collaboration avec un ami, nous profitons d'août pour avancer. Le nom du projet est La petite héroïne. Maxime compose la musique, je fais le texte et la voix. Il s'agit d'une douzaine de pièces sonores autour du concept de personnages féminins secondaires toxiques, issus de la fiction comme du réel. Le disque sortira en mars. Des extraits du work in progress seront mis en ligne dans LCTS, il y aura peut-être aussi une rubrique ici, dans les chantiers sonores.

Le programme de l'année est bouclé. Je rends mon manuscrit en octobre, le livre sortira en février. J'ai La petite héroïne comme chantier sonore, et la fin de l'oratorio, Juste après Cassiopée, à écrire. Je participe à Concordanse, aussi, en mars nous présenterons une performance dont je dois écrire le texte, avec le chorégraphe Christophe Haleb et le musicien Eddie Ladoire. J'ai deux commandes de livres, un tombeau sur les années 80 pour la collection de Jean-Michel Espitallier chez Philippe Rey, et un texte plus sérieux et poétique à amorcer mais à rendre l'année d'après au Mercure de France, pour la collection de Colette Fellous. Tout doit, à part le roman pour le Mercure, être terminé début avril. Là, je partirai à la Villa Médicis pour un an, afin de mener à bien mon projet sur Messaline.

Ca va être un très gros chantier, qui comporte un roman plus compliqué à faire que d'habitude, et une pièce sonore. Le roman s'appellera Messalina, dicit. Il sera chez Fiction & Cie, au Seuil. J'aurais mis des années à trouver ma maison d'édition adaptée, alors c'est clair, j'y suis j'y reste. La pièce sonore sera composée par Patrick Bouvet et Térence Meunier, les voix chantées interprètées par Armande Altaï. Travailler avec Armande Altaï, c'est un très vieux fantasme, aussi vieux que de mettre mes mots dans la bouche de Nicola Sirkis. La pièce sonore sera sous forme de livre cd au final, avec un dessin de Yamina Djarir en couverture. Je ne sais pas encore à qui je vais proposer l'objet, mais il va de soi que je pense fortement aux éditions Joca Seria. Il faut que je leur en parle.

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