CIPm / Spectres Familliers
Octobre 2003

Version officielle
De septembre à décembre 2001, Chloé Delaume a été résidente au Centre International de Poésie de Marseille (CIPm).
Y a été écrit Monologues pour épluchures d'Atrides, petit texte poétique où le fatum amoureux s'embourbe dans les chansons de Barbara.
Version Pentothal
Petit texte poétique, vous noterez que ça ne veut rien dire, mais nous nous voyons contraint, ici, d'en faire usage.
Quand on est une romancière débutante un peu sérieuse, ayant l'occasion de s'interroger frontalement sur les pratiques et les enjeux de la poésie expérimentale contemporaine, il est de bon ton de se mettre au travail, en définissant si possible un certain nombre d'objectifs à atteindre ou à effleurer.
Moi, sur le coup, la seule chose qui m'intéressait, c'était de publier un livre avec ce titre-là. Point. J'avais abandonné l'idée de faire de Monologues pour épluchures d'Atrides le sous-titre de mon premier livre, sur les conseils de mon éditeur, parce que, je cite, bon (silence) hein, Les Mouflettes d'Atropos virgule Monologues pour épuchures d'Atrides quand même (silence) bon, je sais pas, (silence) mais hein (silence ad lib.).
Alors à peine mon dossier pour le CIPm était-il accepté que je baptisais, en proie à la pâmoison, Monologues pour épluchures d'Atrides le nouveau .doc sur mon bureau.
Le problème, c'est qu'une fois le museau dedans, j'en avais plus grand chose à faire, des Atrides. En plus, le texte devait avoir un rapport avec Marseille. Je sentais les clichés cavaler de partout. C'est comme ça que j'ai compris que le titre était redondant, et que j'allais faire, juste et obstinément, n'importe quoi.
Septembre 2001, je suis à Marseille, à côté de ma vie l'Apocalypse selon Saint Jean se résume à une fête communale. J'ai bien une idée, pour les monologues, et surtout pour les épluchures. Les Atrides par dessus. Constat : ceci est une pièce de théâtre.
Octobre 2001 et Novembre, je fais des Paris/ Marseille avec l'argent de la bourse. Je réécris tout pour faire bien pire. Des sortes d'aphorismes enrubannés de blagounettes. Je décline mon errance de meuf qu'en peut plus que personne ne l'aime et écoutant du Barbara, je remue le tout, c'est juste sordide mais bon, couvercle.
De Décembre à plus tard je suis sur d'autres textes, des performances et un roman. J'aurai pû trouver le temps de m'y coller pour de bon, j'aurai dû rendre quelque chose d'au moins réfléchi et correct. Je ne l'ai pas fait; le livre existe. Alors je préfère expliquer. Au cas où. J'anticipe. Y a quatre phrases de bien, et encore. C'est une honte. J'en profite au passage pour quand même m'excuser.
Par contre, parmi les ouvrages réalisés par les résidents du CIPm, il y a plein de chouettes textes vraiment intéressants.
Extraits

Premières pages